Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Annaba : une autre vague de harraga interceptée

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Deux embarcations de fortune, avec à leur bord 30 jeunes gens âgés de 20 à 24 ans, ont été interceptées à 15 miles au nord-est de Ras El Hamra, vers 2h hier jeudi.

Selon une source autorisée, les éléments des garde-côtes du GTGC d’Annaba ont arraisonné sans résistance les candidats à l’immigration clandestine, partis de la plage de Rizi Amor (ex-Chapuis) et celle de Aïn Begrat. Cela porte à 54 le nombre de harraga arrêtés ces trois derniers jours : 14 dans la nuit de vendredi à samedi, 10 dans la nuit de lundi à mardi, et 30 dans la nuit de mercredi à jeudi. Y en a-t-il qui seraient arrivés malgré tout à passer au travers du filet tendu par les garde-côtes ?

C’est peu probable, nous affirment nos interlocuteurs. La «harga» semble avoir repris de nouveau à la faveur de conditions météo favorables pour atteindre les côtes de la Sardaigne et, selon des harraga qui envisagent de tenter de nouveau l’aventure, les autorités italiennes seraient moins regardantes avec les clandestins depuis les drames qui se sont produits au large de l’île de Lampedusa et dont le dernier date de ce mois d’août avec la découverte d’une embarcation à la dérive avec 73 survivants et 14 cadavres.
Slim Sadki

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Written by elharraga

29 août 2014 at 12:23

Les harraga refont parler d’eux à Annaba

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Après une curieuse accalmie d’environ trois années, le phénomène des harraga a refait surface. En effet, dans la nuit de lundi à mardi, à 3h, les éléments du groupement des gardes-côtes de la station maritime principale de Annaba ont réussi à mettre en échec une tentative d’immigration clandestine.

Ils sont intervenus à la suite d’un appel téléphonique émanant, quelque temps auparavant, d’un parent de l’un des harraga, selon lequel un groupe de jeunes se préparait à appareiller depuis de la plage Rizzi Ameur (Chapuis) pour rejoindre l’île de la Sardaigne (Italie). Les opérations de recherches ont aussitôt été entamées à travers le balayage de toute la façade maritime par des unités semi-rigides 360 et 344.

Ces recherches ont abouti à l’interception, à 10 miles au nord-est de la plage Ras El Hamra, d’une embarcation artisanale de 7 m à bord de laquelle ont pris place les 10 harraga. Les gardes-côtes ont été surpris par la présence d’un handicapé parmi le groupe d’aventuriers, âgés entre 22 et 35 ans et tous originaires de Annaba. Visiblement déterminés à aller jusqu’au bout de leur rêve sarde, ils ont tenté de résister aux sommations des garde-côtes et une course-poursuite s’en est alors suivie.

Quelques instants après, le groupe a été arrêté et ramené à terre et l’embarcation ainsi que les équipements et vivres s’y trouvant saisis. Après avoir été soumis aux formalités d’usage dans ce type d’arrestation (auditions et visite médicale), ils ont été présentés hier, tour à tour, au procureur de la République près le tribunal de Annaba. Ils devront comparaître en citation directe dans les tout prochains jours.

Ces 10 harraga devraient être jugés conformément aux dispositions prévues dans la loi n° 09-01 du 25 février 2009, en vigueur depuis 8 mars de la même année. Dans son article 175, elle stipule en substance que «l’acte de quitter le territoire national hors des lieux de postes frontaliers et de passage rend son auteur passible d’une condamnation à une peine de prison allant de deux à six mois assortie d’une amende de 20 000 à 60 0000 DA».
Naima Benouaret

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27 août 2014 at 12:24

11 harraga interceptés au large de Bousfer

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Retour du beau temps et par le fait même, retour des tentatives de traversée clandestine de la Méditerranée.

Hier, 11 personnes, dont un mineur, ont échoué dans leur tentative de prendre le large vers les côtes européennes. Ils ont été interceptés à quelques miles de la plage de Bousfer par les gardes-côtes dans la nuit du dimanche à lundi dernier. Ils se trouvaient à bord d’une embarcation pneumatique dotée d’un moteur de 40 chevaux.

Conduits au port, ils ont été par la suite transférés à la brigade de gendarmerie d’El Ançor. Les harraga ont confié qu’ils ont payé chacun leur place entre 6 à 9 millions et qu’ils espéraient tous une vie meilleure outre-mer. Originaires de la wilaya d’Oran, ces jeunes sont âgés entre 17 et 35 ans.Une enquête a été ouverte par les gendarmes pour déterminer l’identité du passeur et de l’organisation de cette traversée clandestine avortée.

H. Bali

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14 mai 2014 at 12:27

Naufrage au large de la Libye: au moins 36 migrants morts et 42 disparus

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Naufrage au large de la Libye: au moins 36 migrants morts et 42 disparus

naufrage

Au moins 36 migrants sont morts et 42 autres sont portés disparus dans le naufrage d’une embarcation de fortune qui a coulé mardi au large de la Libye, a indiqué dimanche à l’AFP le porte-parole de la marine libyenne.
« L’embarcation a coulé à 4 kilomètres au large de Garabulli (à 50 km à l’est de Tripoli). Nous avons pu sauver 52 migrants de différentes nationalités africaines. 36 corps ont été repêchés jusqu’ici, dont 24 aujourd’hui », a indiqué le colonel Ayoub Kassem ajoutant que 42 personnes sont portées disparues.
Il a ajouté qu’une femme enceinte figure parmi les 36 victimes.
D’après le témoignage des rescapés, l’embarcation transportait 130 migrants du Mali, Sénégal, Gambie, Cameroun, Burkina Faso, ainsi que d’autres pays africains, a ajouté le colonel Kassem.
Selon lui, la coque de l’embarcation était endommagée et s’est brisée sous le poids des passagers, peu de temps après avoir quitté la plage de Garabulli.
Le chef de la mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Othman Belbeisi, a regretté une « nouvelle tragédie », appelant à des « solutions rapides même temporaires pour préserver la vie des immigrés ».
La Libye est un pays de transit vers les côtes européennes pour des centaines de milliers de migrants en grande majorité africains. Parvenus sur les côtes libyennes, ils s’entassent dans des embarcations de fortune pour tenter la périlleuse traversée de la Méditerranée vers Malte ou l’île italienne de Lampedusa, au large de la Sicile.
Plusieurs centaines d’entre eux y meurent chaque année.
Le ministre libyen de l’Intérieur par intérim, Saleh Mazek, a menacé samedi de « faciliter » le transit des clandestins vers l’Europe si l’Union européenne (UE) n’aidait pas la Libye à lutter contre ce fléau.
Mais le gouvernement a tenté dimanche d’atténuer par un communiqué les propos de son ministre, affirmant sa volonté de lutter contre l’immigration clandestine et de « continuer à collaborer avec tous les pays concernés en particulier l’Italie pour limiter l’affluence des migrants ».
Le gouvernement a souligné qu’il respectait tous les traités et les accords internationaux ou bilatéraux dans le domaine de la lutte contre l’immigration clandestine.
« Je mets en garde le monde, et l’UE en particulier: s’ils n’assument pas leurs responsabilités, la Libye pourrait faciliter le transit de ce flot » d’immigrés vers l’Europe, a déclaré M. Mazek lors d’une conférence de presse.
La Libye « souffre » de la présence de milliers de clandestins venus notamment d’Afrique sub-saharienne et responsables de la propagation de maladies, de crimes et du trafic de drogue, a-t-il ajouté.
En raison d’une météo clémente et de la situation anarchique régnant en Libye, les départs depuis les côtes de ce pays se sont multipliés ces dernières semaines.
Depuis le début de l’année, près de 22.000 migrants et réfugiés sont arrivés par bateau sur les côtes italiennes, soit dix fois plus que sur la même période de 2013, selon Rome.
L’étendue des frontières -plus de 5.000 km pour les frontières terrestres et environ 2.000 km en qui concerne les frontières maritimes- rend difficiles et coûteux les efforts de la Libye en matière de sauvetage, d’hébergement et de rapatriement des clandestins venus essentiellement d’Afrique sub-saharienne.
AFP

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12 mai 2014 at 8:51

46 migrants nigériens morts de soif près d’In Guezzam

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46 migrants nigériens morts de soif près d’In Guezzam

migrants

13 cadavres ont été retrouvés, alors que le reste (33 migrants non encore retrouvés) serait mort avant de traverser la frontière algérienne.

Quarante-six migrants nigériens, portés disparus depuis vendredi dernier, ont péri de soif et de faim près de la frontière avec le Niger, à moins de 50 km de la localité d’In Guezzam, à 450 km à l’extrême sud de Tamanrasset. Des sources bien informées nous ont appris que 13 cadavres ont été retrouvés, hier matin, suite à l’opération de recherche enclenchée par la les forces spéciales de l’ANP relevant de la 6e Région militaire et faisant suite à l’alerte donnée, mardi dernier, par les autorités d’Arlit, dans le nord du Niger.

Les 33 migrants qui n’ont pas encore été retrouvés seraient morts avant de traverser la frontière algérienne, ajoutent nos sources. Rappelons qu’au début de la semaine dernière, la disparition de 50 personnes (hommes, femmes et enfants) a été signalée. Fuyant l’insécurité prévalant dans leur pays, ils tentaient de rejoindre clandestinement leurs proches ayant élu domicile dans la wilaya de Tamanrasset. Mais ils n’ont pas pu réaliser ce rêve qu’ils caressaient depuis des années. Nos sources affirment qu’ils ont été abandonnés par leur passeur qui les a livrés au diable du désert avant que la camarde ne les emporte.

La nouvelle a fait le tour de la ville de Tamanrasset qui a enregistré, ces deux dernières années, une affluence importante de réfugiés d’Afrique subsaharienne. La plupart d’entre eux quittent leur pays natal en raison de l’insécurité qui y prévaut. Bravant tous les risques du désert, ils mettent leur vie en danger pour atteindre l’eldorado dont leur parlent leurs compatriotes installés en Algérie. «Mais on doit choisir un passeur honnête et expérimenté pour éviter de subir le même sort que ces pauvres qui ont fait des sacrifices pour se payer la mort», regrette Amadou Brahim, un Nigérien rencontré devant son atelier de mécanique, au quartier de Guettaâ El Oued.

Réticent, Brahim n’a pas voulu nous parler de son aventure de crainte de se faire rapatrier. Nous lui expliquons le motif de notre présence, il finit par confesser, non sans condamner ces passeurs et trafiquants : «Mon frère et son ami ont réussi à passer la frontière en 2009, lui s’est installé à Tam, tandis que son ami est parti au Nord pour tenter d’atteindre l’autre rive de la Méditerranée. Une année plus tard, mon frère m’a demandé de le rejoindre pour gérer ensemble son atelier de mécanique, en m’assurant qu’il gagnait bien sa vie à Tam. J’ai dépensé toutes mes économies pour le rejoindre en passant par In Guezzam, où nous nous étions entendus avec un autre passeur pour nous conduire jusqu’à Tamanrasset.» Et d’ajouter : «Les conditions de vie sont pénibles à Tamanrasset.L’eldorado qu’on nous a promis n’est en fait qu’un enfer. Sincèrement, je ne compte pas rester ici.»

Joint par téléphone, le responsable de wilaya du Croissant-Rouge, Moulay Cheikh, «condamne fermement les pratiques des passeurs qui sacrifient des vies humaines. Le phénomène a pris des proportions gravissimes. Nous allons nous réunir demain (aujourd’hui, ndlr) avec le représentant du Croissant-Rouge international afin de débattre de ce problème, en présence de tous nos coordinateurs postés aux frontières pour suivre l’évolution de ce dossier. Ce qu’il faut retenir, toutefois, c’est que les initiatives prises par le Croissant-Rouge ne doivent pas être taxées d’encouragement à l’immigration clandestine».
Ravah Ighil

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11 mai 2014 at 8:53

La politique de fermeture des frontières mise en cause

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L’autel des sacrifices qu’est devenue la Méditerranée, met à nu la politique de l’Europe, forteresse qui de l’Afrique ne tolère que les richesses et obstrue le passage aux personnes en détresse.

Des personnes, fuyant les dictatures et les conflits, partent chercher la liberté et c’est un accès au «donjon», pour les plus chanceux, auquel ils ont droit. Embarqués dans des felouques meurtrières, ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont pas le même accès que ce gaz transporté dans des pipelines traversant la même mer. Si les régimes abjects et autoritaires poussent des milliers de personnes à fuir en tentant le pire, la fermeture des frontières de l’Europe incite aussi au recours à ces moyens extrêmes d’évasion. Le drame de Lampedusa a provoqué émoi et consternation, mais peu d’actes ont suivi pour mettre un terme à ces convois de mort horrible en Méditerranée.

Une réunion des ministres de l’Intérieur européens s’était tenue la semaine dernière en réaction à cette tragédie humaine pour ne sortir qu’avec la décision de renforcer le dispositif de sécurisation des frontières de l’Europe appelé Frontex. L’approche prohibitionniste l’emporte encore une fois sur celle de la solidarité. La politique européenne de voisinage ne peut continuer à occulter l’échec du volet de la politique d’immigration perçue comme un frein voire une négation de la notion de bon voisinage. «Les politiques de fermeture des frontières et le désengagement vis-à-vis des conventions internationales signées par l’Europe, notamment la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, expliquent le fait que les migrants sont amenés à prendre de plus en plus de risques pour rejoindre l’Europe, à mesure que les contrôles s’intensifient», déclare à BFMTV, Alain Morice, chercheur au CNRS et membre du réseau Migreurop.

Le Parlement européen s’atelle à mettre en place un nouveau système de surveillance des frontières de l’UE, Eurosur, en renforcement du dispositif Frontex qui a montré ses limites. Ce nouveau dispositif, qui sera effectif en décembre prochain, est, selon ses concepteurs, «un système paneuropéen de surveillance des frontières avec trois objectifs principaux : réduire le nombre de migrants irréguliers qui entrent dans l’ UE sans être découverts, réduire le nombre de décès d’immigrés clandestins en sauvant davantage de vies en mer, et augmenter la sécurité intérieure de l’ UE dans son ensemble en contribuant à la prévention de la criminalité transfrontalière».

Le Conseil de l’Europe devrait se pencher, le 24 octobre, sur la mise en application de ce système. «Je suis extrêmement sceptique. Plusieurs dispositifs ont été mis en place en vue de protéger, sécuriser les frontières de l’UE afin d’empêcher les vagues migratoires. Frontex en est un. Et puis il y a eu Eurosur, créé en 2011, encore en discussion en ce moment. Plusieurs personnalités, au niveau européen, estiment que ce nouveau programme va permettre d’organiser des opérations de surveillance. Mais le dispositif peut laisser craindre le pire, car il entend protéger les frontières et non pas les personnes, qui seront amenées à prendre de plus en plus de risques, comme c’est déjà le cas aujourd’hui», note encore Alain Morice sur BFMTV, en soulignant les pratiques purement sécuritaires et non pas de sauvetage des personnes utilisées par les agents de Frontex. Migreurop a dénoncé la logique sécuritaire de l’Europe. «Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe», note le réseau d’ONG.

Le président du Conseil italien avait lui-même appelé à reconsidérer l’immigration. «Ce n’est plus l’immigration économique des années 1990, mais là, en l’occurrence, il s’agit d’une immigration politique», a-t-il déclaré lors de sa visite à Lampedusa. L’Italie, qui compte revoir sa législation sur le droit d’asile, propose la dépénalisation pure et simple du délit de l’immigration clandestine. L’UE avalisera-t-elle une telle proposition ? Pas si sûr, disent les ONG.

Nadjia Bouaricha

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19 décembre 2013 at 6:15

Les prisonniers algériens lancent un SOS aux autorités

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Détenus dans des centres de rétention bulgares depuis des mois

A peine avons-nous soufflé après le passage de la frontière, voilà que les gardes-frontières bulgares nous tombent dessus.

Nous avons subi des sévices et le pire des traitements, on nous a roués de coups de matraque et de coups de pied, j’en garde les séquelles jusqu’à aujourd’hui», témoigne Samir, de Boumerdès, 23 ans, rencontré à Sofia.
Traverser la frontière turco-bulgare est un risque que doivent absolument prendre les harraga et ce n’est pas toujours gagné d’avance, même avec les passeurs. Les témoignages corroborent et dénoncent les traitements inhumains des Bulgares. Un pays qui, le 1er janvier prochain, rejoindra officiellement l’Union européenne. Malika Benarab-Attou, eurodéputée des Verts/ALE, dénonce cette situation de non-dit et l’inaction des différentes autorités. «Que font les autorités bulgares, la Commission européenne et les ambassades concernées pour sortir ces personnes de cette situation dégradante qui dure depuis plusieurs mois ? Des personnes actuellement détenues (Algériens, Marocains, Tunisiens, etc.) dénoncent des conditions de détention inhumaines et contraires aux standards internationaux. Les installations sanitaires, l’hébergement, l’accès à la nourriture et aux soins font gravement défaut.» Halim, joint par téléphone à la prison de Busmantzi, raconte : «Faut absolument faire quelque chose, personne n’est venu à notre secours, nous sommes détenus dans des conditions inhumaines, ils nous traitent comme des animaux. A peine s’ils nous servent un repas par jour.»

Le centre de Busmantzi, dans la banlieue proche de Sofia, créé en 2006, était pointé du doigt par des associations de défense des droits de l’homme, notamment Migreurop et le Comité d’Helsinki, depuis 2008. Face au rush des migrants clandestins, la Bulgarie semble dépassée et n’arrive pas à subvenir aux besoins des détenus.
Nous réussissons à nous infiltrer à l’intérieur avec le concours d’une association d’aide humanitaire. Un mur encercle les lieux, doublé de fils de fer barbelés. Grâce aux aides, les autorités ont équipé le centre en appareils de chauffage, chaque lit est adossé à un chauffage. Ce jour-là, des soupes et du pain, des fruits et du fromage sont servis aux détenus par l’association. Une bénévole confie que depuis quelques semaines, face aux pressions européennes, «les responsables tentent d’améliorer les conditions de vie des détenus dans la perspective d’une visite des députés européens».

Les témoins encombrants, des «harraga torturés» comme le montrent des photos, ont été transférés vers un autre centre, tenu secret pour l’instant. Halim, la vingtaine, désespéré, a tenté de se suicider il y a quelques jours. Mais grâce à ses amis, il arrive à tenir le coup. «Je veux rentrer au pays, mais l’ambassade ne fait rien. L’autre jour, un responsable nous a rendu visite et n’a rien fait», révèle-t-il. Halim est détenu depuis le 18 septembre. Sa silhouette frêle, son visage pâle, sa voix éteinte renseignent sur son drame. «Ils m’ont tabassé et à chaque fois que je me plains ou que j’ose dénoncer ces pratiques, la réponse est brutale», témoigne le jeune harrag.

Retour à Vitosha où nous rencontrons Samir, Mourad, Rafik, trois ex-détenus des centres de rétention, qui racontent leur calvaire : «Nous sommes passés par trois centres avant d’arriver à Sofia. Toujours les mêmes pratiques, à la limite de la torture. Nous sommes systématiquement déshabillés, interrogés violemment, laissés sans eau ni nourriture.» Selon nos interlocuteurs, les Maghrébins subissent un traitement particulier qualifié d’inhumain. «Un policier m’a même traité de terroriste, de chien arabe», atteste Rafik. Samir a certainement subi l’humiliation, il a été victime d’attouchement sexuel. En aparté il nous raconte son histoire, les larmes aux yeux : «Un soir, un gardien s’est approché et a voulu abuser sexuellement de moi, j’ai protesté et il m’a roué de coups.» «Le lendemain il est revenu à la charge, cette fois épaulé de deux autres agents et ils ont tenté de me violer», ajoute-t-il. Le jeune homme de 18 ans interrompt la discussion et nous quitte, effondré. Il ne serait pas le seul puisque, dans le milieu des harraga de Sofia, ce genre d’histoires est monnaie courante. Cependant, l’ambassade d’Algérie à Sofia ne répond pas aux cris de détresse lancés par ces jeunes, dont quatre parmi eux seraient morts. La dépouille d’un harrag a été rapatriée il y a un mois. Et le drame continue.
Zouheir Aït Mouhoub

Written by elharraga

19 décembre 2013 at 5:44