Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Depuis le début de l’année, Plus de 300 harraga ont tenté le voyage de la mort

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Les expéditions de harraga vers le vieux continent à partir des côtes algériennes persistent.

Parmi eux, des femmes, des jeunes et moins jeunes qui, tous, partagent le même rêve : fuir l’Algérie. Et c’est la wilaya de Annaba qui avait inauguré les départs de l’année en cours avec une première expédition de candidats à l’émigration clandestine. En effet, le 13 janvier, les éléments des garde-côtes de la station maritime principale de Annaba avaient intercepté et arrêté, vers 3h du matin, une chaloupe à bord de laquelle ont pris place 20 jeunes. Agés de 17 à 42 ans, ils sont venus de Annaba et de Skikda. A peine 24 heures après, les mêmes éléments des garde-côtes de la station maritime principale de Annaba avaient intercepté et arraisonné vers 4h du matin une embarcation artisanale transportant 22 autres jeunes «brûleurs des frontières».

Agés de 20 à 32 ans, ces jeunes, originaires tous de Annaba naviguaient à 9 milles nautiques au nord de Ras El Hamra. Ils avaient été surpris en haute mer par les unités des garde-côtes en patrouille alors qu’ils tentaient de rejoindre l’île de la Sardaigne (Italie). Profitant des conditions climatiques favorables, ils avaient embarqué avec la ferme intention de quitter l’Algérie et rejoindre, tant bien que mal, les centaines de jeunes déjà arrivés en Italie.

Il était minuit lorsqu’ils ont appareillé depuis la plage de Sidi Salem, une localité déshéritée de la commune d’El Bouni, la plus importante de la wilaya de Annaba, à l’effet de s’assurer de l’absence des services de sécurité et des garde-côtes de Annaba. Mais c’était sans compter sur la présence de ces derniers qui, depuis plusieurs mois, sont sur le qui-vive. Après une accalmie qui aura duré plusieurs mois en raison des conditions défavorables de navigation, les tentatives avaient repris de plus belle.

Même en plein mois de Ramadhan

Il en est ainsi des trois tentatives d’émigration clandestine déjouées par les gardes-côtes de Annaba durant le mois de Ramadhan portant le bilan à 92 émigrants clandestins dont 50 à la veille de l’Aïd. Comptant sur la léthargie qui pèse sur le pays en général durant ce mois de jeûne, des candidats «téméraires» multiplient les tentatives dans l’espoir d’amarrer leurs embarcations sur la rive nord. Situation similaire du côté de l’ouest du pays où on a enregistré, à la même période, un sensible regain d’activité des harraga.

Au total, ils étaient quelques 194 candidats à l’émigration clandestine dont trois femmes à avoir été interceptés au mois de Ramadhan au large du littoral ouest par les gardes-côtes, font ressortir des statistiques établies par les services de la Gendarmerie nationale de la daïra de Aïn El Turck. Aussi, les autorités espagnoles ont refoulé cette année près de 200 harraga vers le port d’Oran. Bien qu’en crise, la destination Europe continue de miroiter trompeusement les vertus de ses terres de rêve pour ces jeunes en quête de bien-être.
Ni les expéditions en masse des candidats à l’émigration clandestine ni les plans d’austérité des pays en crise encore moins les internements dans des centres de rétention et le mauvais traitement des pensionnaires n’ont venu à bout de la ferme intention des jeunes Algériens à quitter le pays.

«Yakoulna el hout woula doud (nous préférons être dévorés par les poissons en mer que par les asticots en Algérie)», est la devise de ces jeunes qui à défaut de leur destination espérée, ils rejoignent penauds les geôles des tribunaux. Au terme de ces arrestations, ils écopent souvent d’une amende allant de 20 à 30 000 DA. Selon un bilan officiel de l’Association des droits de l’homme d’Andalousie (APDHA), 1464 candidats algériens à l’immigration clandestine ont été arrêtés en Espagne. En 2010, plus de 1400 clandestins algériens ont été expulsés de l’Espagne vers l’Algérie.

Trafic d’êtres humains

Vu le nombre important de départs effectués à partir des côtes des wilayas de l’est et l’ouest du pays, l’on ne peut qu’affirmer l’existence de réseaux de trafic d’êtres humains, dont la mission est d’approvisionner les prétendants en embarcations et équipements de navigation. Le 17 janvier, la cour de Annaba avait condamné définitivement, pour trafic d’êtres humains, L. B., 34 ans, et Dj. M., 37 ans, à une peine de trois ans de prison ferme. Un troisième accusé, F. M., 28 ans, a, quant à lui, écopé d’une peine d’un an de prison ferme.

Ce groupe condamné pour trafic d’êtres humains, avait été arrêté par les éléments de la gendarmerie suite à des plaintes émanant des familles de candidats à l’émigration clandestine dont plusieurs étaient portés disparus. Interpellés et auditionnés, ces derniers avaient reconnu avoir procédé à l’organisation de plusieurs expéditions vers la rive européenne. Selon l’arrêt de renvoi, ce groupe de trafiquants d’êtres humains est responsable de l’expédition, depuis juillet jusqu’au mois de septembre 2011, de 67 jeunes candidats à l’émigration clandestine dont une dizaine de mineurs.

Mohamed Fawzi Gaïdi

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Written by elharraga

2 septembre 2012 à 8:43

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