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Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Human Rights Watch critique l’UE. Quand fermer les frontières rime avec non-assistance à personne en danger

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Pas moins de 1500 personnes ont trouvé la mort en Méditerranée durant l’année dernière et 170 autres décès enregistrés durant les premiers six mois de l’année en cours.

Ce bilan, qui peut être revu à la hausse, tant le nombre de disparus en mer est difficile à quantifier, est établi par le Haut-Commissariat aux réfugiés et l’ONG Human Rights Watch qui n’hésite pas à accuser les autorités européennes de laxisme face à ces disparitions tragiques. Dans une note d’information rendue publique jeudi dernier, l’ONG internationale relève que «les opérations de sauvetage en Méditerranée sont entravées par un manque de coordination, des litiges sur la responsabilité, des mesures dissuadant les navires commerciaux de mener des sauvetages et mettant l’accent sur la police des frontières».

Judith Sundreland, chercheuse senior à HRW pour l’Europe occidentale, estime que beaucoup de décès auraient pu être évités si l’impératif en mer était de «sauver des vies et non éviter les responsabilités». La note d’information de HRW, très critique à l’encontre de la politique européenne de lutte contre l’immigration clandestine, précise que «le nombre de décès de migrants en Méditerranée est choquant, d’autant que cette mer a de nombreuses routes maritimes et où le droit international oblige tous les navires à aider les personnes en danger». HRW souligne que ces populations en déplacement dangereux en mer fuient souvent des situations de persécution et de guerre à la recherche d’une meilleure vie et d’un asile de paix.

«La prévention des décès en mer doit être au cœur d’une approche coordonnée à l’échelle européenne de la migration par bateau. Pendant le Printemps arabe, le bureau du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a déclaré que tous les bateaux surchargés de migrants en Méditerranée devraient être présumés comme ayant besoin de secours. Cette idée devrait inspirer l’approche de l’Union européenne du sauvetage des migrants en bateau», note Human Right Watch. Cette dernière relève des cas précis de bateaux de fortune laissés au large de la Méditerranée en proie à tous les risques, alors que leurs passagers en souffrance lançaient des appels au secours.

L’eurosur pour mieux surveiller les frontières

L’OTAN, qui, à l’époque, avait déployé des dizaines de navires pour assurer l’exécution de l’embargo sur la Libye, est critiquée pour non-assistance à personne en danger. «L’exemple le plus notoire d’échec des opérations de sauvetage a eu lieu en avril 2011, connu sous le nom de l’affaire ‘‘left-to-die boat’’ ou bateau livré à la mort. Un bateau migrant en panne avec 72 personnes à bord fuyant la Libye a été ignoré et a dérivé pendant deux semaines dans la Méditerranée, à une époque où la région était fortement patrouillée par les forces de l’OTAN et sillonnée par des navires commerciaux», indique la note d’information de HRW. Des Etats européens, comme l’Italie et Malte, sont aussi cités pour avoir tout simplement renvoyé des bateaux vers leurs pays d’origine sans vérifier si les passagers étaient des demandeurs de refuge ou des personnes persécutées par le régime.

L’Agence Frontex, chargée de lutter en Europe contre l’immigration clandestine, agit, précise HRW, en coordination avec les pays émetteurs de migrants clandestins ou pays de départ et a pour seul objectif d’empêcher les bateaux d’accoster sur les territoires des Etats membres de l’UE. «Cela consiste à empêcher également les migrants, y compris les demandeurs d’asile, de se prévaloir des droits procéduraux applicables en Europe», indique le rapport de HRW qui estime que «la réticence des Etats européens à accepter le débarquement des migrants et toutes les responsabilités juridiques que cela implique pour le traitement, la réception et l’assistance était sur l’écran sombre en août dernier». L’Union européenne a mis au point un nouveau système européen de surveillance des frontières extérieures, appelé Eurosur. «Il comprend le sauvetage en mer comme un objectif principal, mais ne contient pas de lignes directrices ou de procédures spécifiques pour garantir que cet objectif soit atteint.»

Mais Human Right Watch estime que ce système ne fixe pas exactement toutes les procédures pour que le sauvetage en mer soit mis en œuvre de manière efficace. «Au-delà de l’objectif déclaré de sauver des vies, le nouveau système reflète la focalisation traditionnelle sur la sécurisation des frontières et la prévention des arrivées», assène HRW. L’ONG internationale émet, pour sa part, des recommandations pour améliorer les opérations de sauvetage, notamment en améliorant les mécanismes de coordination de recherche et de sauvetage entre Etats membres de l’UE. 

Nadjia B.

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Written by elharraga

18 août 2012 à 6:47

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