Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

1400 clandestins Algériens ont été refoulés de l’Espagne en 2010

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En 2010, plus de 1400 clandestins Algériens ont été expulsés de l’Espagne pour regagner l’Algérie, a révélé mardi un communiqué du ministère des Affaires étrangères qui résume les discussions engagées entre l’Algérie et l’Espagne à la suite de la visite, lundi, à Madrid de Halim Benatallah, secrétaire d’Etat chargé de la communauté nationale à l’étranger.

La Coopération entre Alger et Madrid pour le refoulement des Harraga bat son plein. Lundi, lors de sa visite à Madrid, Halim Benatallah s’est félicité avec le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères espagnol, Antonio Yanez-Barnuevo Garcia, des résultats probants de cette coopération.

Cependant, Hatim Bentallah ne s’est aucunement attardé sur les conditions de détention ou de séjour des clandestins Algériens qui demeurent « déplorables » selon plusieurs enquêtes réalisées par la Fédération européenne des associations algériennes (FEAA), basée en Espagne.

Sur un autre chapitre, au moment où la France durcit les conditions d’obtention du visa Schengen, l’Espagne et l’Algérie ont convenu que les deux pays engageront prochainement « des discussions sur un accord de facilitation d’octroi de visas », rapporte en outre le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

A ce propos, les autorités espagnoles ont annoncé que le nombre de visas touristiques et d’affaires a augmenté sensiblement en 2010. Et cette tendance devrait être « encouragée » en 2011.

Abderrahmane Semmar

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Written by elharraga

19 janvier 2011 à 11:45

Une Réponse

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  1. HARRAGA* … OU LES RAISONS DE LA COLERE !

    Mais pourquoi t’obstines-tu à partir
    A traverser les mers en nous laissant
    Tu t’aventures à mettre en péril ta précieuse vie.
    Pour t’exiler, en renonçant à nous
    Ce voyage n’est pas légal
    Et sa fin peut être malheureuse
    L’embarcation est petite et en bois pourri
    Et tu risques de te noyer sans pouvoir nous revenir

    Ne me blâme pas, et laisse moi partir
    Je tente ma chance, même dans le désert
    Ton gars a le cœur meurtri,
    S’il vit, il ne possède rien, et s’il meurt, il n’aura rien à léguer.
    Depuis l’âge où j’étais bébé dans le berceau
    La réussite ne m’a jamais rendu visite
    Que je vive dépecé ou égorgé
    Il n’y a pas de différence, les deux sont des calamités

    Même si tu arrives à partir loin
    En te retrouvant errant en étranger
    Qui peut garantir que tu sois heureux
    Alors que tu n’auras ni être cher, ni compagnon, ni proche
    Tu vivras alors malheureux, seul en solitaire
    Tu sais que ce temps est traître et difficile
    Tu ne trouveras aucune pitié, et les cœurs sont en fer
    Reste avec nous et sois brave

    Je pars, je m’exile en traversant les mers
    Même si je dois le faire à la nage
    Je ne peux plus tenir, car j’en souffre bien
    Alors, je pars même si c’est sur une planche
    Ce qui m’importe, c’est d’arriver et de voir
    Les pays de l’abondance, la paix et la quiétude
    Là, je vivrai dans la joie et heureux
    Dans quelque villa, avec jardin et cour

    Même si tu es gavé de peine
    Et même si le vase en déborde
    Tout passe, et tout n’est qu’éphémère
    Mais l’essentiel, c’est la volonté
    Reste toujours dans l’attente, ou même dans l’espoir
    Mais ne désespère jamais
    Demain, si Dieu le veut tu trouveras la quiétude
    Et tu fonderas un foyer, comme tous les gens

    Je n’ai pas trouvé ici, le bout du fil
    Je ne fais que tourner en rond inutilement
    J’en suis fatigué et las de monter et descendre
    Si j’ai le dîner, le déjeuner je n’en n’ai pas
    Tous mes voisins et les gens des alentours
    Comme les gens du quartier, sont témoins
    Toute la journée, je ne fais que soutenir les murs
    Alors là, si je me marie, c’est la catastrophe

    Cesse de pleurnicher et de te lamenter
    Toi tu vis toujours dans les chimères
    Tu es trop gâté, et tu aimes être bercé
    Comme tu regardes trop quelques films
    Qui te poussent à dire : je pars
    Vivre là-bas, une vie de rêve
    Admets-le et arrête de tricher
    Car ton pays, n’a aucun reproche

    Tu veux que je sois franc
    Au fait, si tu comprends l’arabe
    Ici, dans mes poches, il n’y a que de l’air et du vent
    Et pour moi, la tourmente a perduré
    Dans ma nature, je veux vivre bien
    Et j’aime l’argent, sans modération
    A chaque fois que je me relève, je retombe à nouveau
    Alors, laisse moi partir. Fais-moi plaisir

    Tu sais que la vie est un long combat
    Il y a le riche, et il y a le pauvre
    Juste un peu de dynamisme et d’actions
    Ne sois pas avide, et ne dis pas : c’est peu
    Et Dieu y mettra sa baraka
    Et tu peux ici même, te faire une situation
    Notre destin est commun et nous le partageons
    Et puis celui qui veut réussir, il a tout le temps

    Laisse moi partir, ö créature
    Jusqu’à quand faudra t’il se fatiguer à attendre
    Tu sais bien que les portes me sont toutes fermées
    Et plus je tarde ici, et plus augmente mon obstination
    Les autres en haut, mènent la vie de château
    Et moi au fond, je me gave de tourments
    Ils ne vivent que grâce aux tromperies et aux dols
    Et moi, les bras croisés je reste dans mon p’tit coin.

    Ne me trouve aucune excuse
    Il n’y a pas de meilleur pays que le tien
    Tu dis qu’il ne reste plus que le « sauve qui peut » d’ici
    Mais fais comme les jeunes, de ton âge. Regarde tes seigneurs
    Ils ont réussi ici même, et sans difficulté
    Mais toi au fait, tu es juste fainéant ; ce n’est pas de ta faute
    La pente, tu peux la voir en rampe
    Alors, quant à moi désormais, je n’en ferai plus cas de toi

    Merzak OUABED
    Alger, 2005
    Nb : Opérette au texte écrit en arabe en vers rimé pour un duo d’interprètes, mixte. Il est traduit à la langue française par l’auteur lui-même.
    * Harraga : un terme du parler de l’arabe Algérien, populaire et familier, et qui dans le jargon des jeunes, veut dire : « brûleur » Initialement, il était utilisé pour désigner, quelqu’un qui brûle un feu rouge. Par la suite, et par extrapolation, il devient un terme désignant spécialement, celui qui brave les interdits des lois, et la légalité concernant les frontières (maritimes surtout), pour les traverser clandestinement, généralement en groupe (parfois à l’aide d’embarcation de fortune) afin de tenter de rejoindre l’autre rive de la méditerranée du Sud de l’Europe. Harraga veut textuellement dire : Brûleur, Harga : c’est l’opération elle-même, de la traversée clandestine.

    Merzak OUABED

    14 avril 2011 at 5:56


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