Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Un projet pour refaçonner la personnalité des harraga

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Il sera lancé en octobre par l’association Passion du Djanoub

Partir ailleurs. Dans un ailleurs peu ou totalement méconnu. Partir pour s’éloigner de son présent, oublier son passé, faire son avenir…

Rejoindre à tout prix « l’eldorado européen ». Un rêve qui taraude l’esprit de beaucoup de jeunes Algériens à la recherche d’une vie meilleure. Des jeunes qui bravent la mer à bord d’embarcations de fortune. On les appellent harraga (brûleurs de frontières) ou immigrés clandestins. Ils représentent un phénomène qui intéresse non seulement les sociologues, mais aussi les psychologues, les anthropologues et les ethnologues, qui tentent d’y trouver des explications, de comprendre les motivations des uns et les raisons des autres. L’association Passion du Djanoub, basée à Paris, a décidé d’explorer la personnalité du harrag, de lui dresser un profil type et de l’aider pour une insertion socioprofessionnelle. Pour ce faire, elle lance un projet placé sous l’intitulé « Le rendez-vous avec l’avenir n’est pas un rendez-vous clandestin ». Le docteur Zohra Sahli, présidente de l’association, révèle les détails de ce projet et ses objectifs dans une conférence de presse animée hier à l’Institut national de formation supérieure des cadres de la jeunesse à Alger. Il s’agit d’un projet de formation pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes Algériens ayant vécu une ou plusieurs tentatives d’émigration clandestine. « La formation débutera en octobre. Elle concernera, dans un premier temps, une soixantaine de jeunes des deux sexes, dont l’âge varie entre 15 et 25 ans », a souligné la conférencière. Cette formation aura lieu dans la wilaya de Béchar. Pour le docteur Sahli, le choix de cette région repose sur l’éloignement et la nature rude du désert qui poussent à partir ailleurs. Cette formation n’a rien de technique, affirme le présidente de l’association. Elle porte sur l’aspect psychologique, l’objectif principal du projet étant d’opérer une « transformation intérieure » chez ces jeunes. Le travail de l’association est aussi d’étudier la personnalité du jeune harrag et connaître les causes qui l’ont poussé à tenter de fuir le pays au péril de sa vie.

La formation qui sera dispensée par des experts français s’étalera sur une année. Elle s’articulera autour de quatre axes, à savoir un état des lieux, en prenant en compte le point de départ de chacun de ces jeunes et son développement personnel, en favorisant l’émergence du savoir- être et du savoir-faire de chacun. Elle porte également sur l’apprentissage de la gestion des crises, avec l’entraînement à l’adaptation aux changements et à la complexité croissante de l’environnement et, en dernier lieu, l’élaboration du projet individuel d’insertion socioprofessionnelle et l’accompagnement de la mise en œuvre concrète de ce projet. Un travail de recueil de données sur les immigrés clandestins a été déjà fait en amont en France, en Espagne, en Italie et à Malte. « Pour concrétiser notre projet, nous allons travailler en collaboration avec le ministère de la Solidarité qui va nous fournir, notamment, les données nécessaires et nous trouver des jeunes harraga », a indiqué le docteur Sahli. Les objectifs de l’association sont de prouver à ces jeunes que quel que soit leur point de départ, ils peuvent toujours progresser, être maître de leur destin et changer le cours des choses. Le Dr Sahli estime que ces jeunes partent parfois avant même qu’ils n’essaient d’entreprendre quelque chose dans leur pays. Ils partent sans projet. « Nous cherchons à les comprendre et les orienter en fonction de leurs motivations. » S’il y a parmi eux, ceux qui veulent partir à l’étranger pour concrétiser un rêve, un projet, le Dr Sahli affirme que l’Association va tout faire pour les accompagner. L’association Passion du Djanoub, faut-il le souligner, est membre des Nations unies pour le Programme développement et migrations ainsi que de l’Union euroméditerranéenne. Elle est impliquée dans les travaux portant sur les questions de la jeunesse et de la migration. Elle compte 62 membres adhérents et totalise 103 sympathisants. Depuis sa création en 2006, elle participe à l’élaboration de certains programmes européens au profit de la jeunesse, tels que celui de l’Agence française du programme européen Jeunesse Action (AFPEJA). Elle organise des formations sur la gestion des conflits et des débats éthiques auprès d’un public de jeunes, comme elle anime un groupe de travail avec des femmes migrantes. Ses actions sont destinées prioritairement au profit de l’Afrique en général et de l’Algérie en particulier.

Par M. A. O.

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Written by elharraga

10 mai 2009 à 6:36

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