Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Harraga « s » Ces éternels incompris

leave a comment »

La question des harraga « s », qui tranche ces « vingt dernières années algériennes » comme d’un trait de feu, est beaucoup plus qu’une « crise de jeunesse ». Les années quatre-vingt-dix en Algérie ont été un immense gâchis, pourrait-on dire, des ressources matérielles, humaines et surtout idéalistes, aboutissant à « une lassitude nationale » presque généralisée.

Mais avant que ce « phénomène de harga » ne prenne de l’ampleur, une progressive, mais profonde dégradation des valeurs de notre personnalité a résulté des politiques chaotiques suivies par nos hauts dirigeants depuis 1962. Dans son excellente étude Harraga (s), ces éternels incompris (1), Sleminia Ben Daoud(2) revient aux sources les plus lointaines et analyse « les causes » les plus dévastatrices de ce « mal algérien ». A cause des projets politiques, économiques et sociaux cultures tâtonnants, les souvenirs mythiques, ceux du passé révolutionnaire par exemple, sont devenus des formules creuses. Aujourd’hui, notre jeunesse a un « ras-le-bol généralisé » de la mauvaise gouvernance allant crescendo. Ajoutez à cela « l’éclatement de la cellule familiale », le bouillonnement d’une société qui « a perdu ses idéaux » et une jeunesse — 65% de la population du pays — qui voit « ce qui se passe ailleurs ».

Sleminia Ben Daoud remarque — pertinemment — que « l’idéal religieux », lui-même, à force d’être galvaudé par « les interventions de l’Etat », est devenu creux. Une véritable « perte de boussole » pour nos jeunes. La « ruine est immense ». Chômage rampant, corruption « sans punition », intérêt général galvaudé, civisme perdu, justice partiale, égoïsmes à tous les niveaux (y compris dans la cellule familiale) etc, ont amené nos jeunes aux « modes d’emploi » les plus périlleux. L’auteur de Harraga (s), ces éternels incompris nous dit que « faire l’état des lieux n’est pas si facile… dans la mesure où le phénomène de la ‘’harga’’ n’est pas aussi simple qu’on le croit ».

La fuite en avant des pouvoirs publics laisse dans son sillage des destructions massives et mémorables qui conditionnent cet état psychologique de notre jeunesse. Une véritable « honte pour un pays qui croule sous le poids des pétrodollars », comme nous dit Sleminia Ben Daoud. L’auteur tente, à la fin, de nous donner des solutions, mais « le miracle » est presque… irréalisable : la refonte totale de la société algérienne. Cela exige une grande transparence dans la gestion économique, une industrialisation prospère, une agriculture productive, des actions culturelles intenses et soutenues… quoi ? Une bonne gouvernance et un bon projet de société qui « pousseront » l’Algérie, le plus tôt possible, vers un développement durable. Harraga (s), ces éternels incompris est un ouvrage à lire et à méditer.

(1) Editions El Maârifa, 144 p., Alger 2009 (2) Né à Aïn Defla en 1954, cadre gestionnaire dans plusieurs sociétés nationales, S. B. Daoud est licencié en sociologie de l’université d’Alger.

Par Djilali Khellas

Publicités

Written by elharraga

9 avril 2009 à 3:53

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :