Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

La Méditerranée, le cimetière des harraga

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21 morts et 200 disparus dans un naufrage au large de la Libye

C’est de plus en plus fréquent ! Les traversées méditerranéennes des immigrés clandestins connaissent souvent une fin tragique. Les « découvertes » macabres ne se chiffrent plus par dizaines mais plutôt par centaines. Lundi dernier, un nouveau drame est arrivé au large de la Libye. Une embarcation de fortune transportant 257 émigrés clandestins vers l’Europe a pris l’eau. Seulement vingt-trois personnes s’en sont sorties.

Vingt et un corps ont été retirés complètement inertes de la mer, quant aux autres personnes, plus de 200, sont portées disparues dans les eaux libyennes. Le triste bilan a été présenté hier à la presse par l’Organisation internationale des migrants (OIM). Le chef de mission de l’OIM en Libye, Laurence Hart, a indiqué à l’Agence France Presse que les gardes-côtes libyens ont perdu la trace de deux autres embarcations. « On ne sait pas encore s’il s’agit de bateaux de pêche ou s’ils transportaient des immigrés », a-t-il précisé. Le premier bilan indiquait la disparition de 300 immigrés clandestins. Selon le ministère libyen de l’Intérieur, l’embarcation naufragée transportait des migrants d’origine arabe et africaine. Des personnes, chassées par la misère et la répression, qui partent à la recherche d’une vie tout court, puisqu’ils se considèrent comme déjà morts.

Des gens, des jeunes surtout et des femmes aussi, qui sont, dans leurs pays, condamnés indéfiniment au mal-vivre. Sans la moindre lueur d’espoir. Des personnes qui sont portées par le « rêve européen », croyant qu’une fois de l’autre côté de la rive méditerranéenne, ils pourraient, au moins, être « maîtres » de leur destin. On ne connaît pas encore les nationalités de ces personnes emportées par la mer. On ne sait pas encore si des Algériens figure parmi les morts ou les disparus. M. Hart relève tout de même avoir constaté ces derniers jours des départs massifs d’immigrants depuis les côtes libyennes. Pour Ron Redmond, porte-parole du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), on est au début de la saison du trafic d’émigration clandestine.

Le piège de la météo favorable

La météo étant ces jours-ci plus favorable, des centaines d’immigrants s’entassent dans des embarcations de fortune pour tenter la périlleuse traversée depuis les côtes libyennes vers Malte ou vers l’île italienne de Lampedusa, au large de la Sicile. Plusieurs centaines d’entre eux y laissent leur vie chaque année. Environ 350 clandestins dont les embarcations étaient en difficulté au large des côtes libyennes ont été sauvés lundi par un tanker italien, selon le ministère libyen de l’Intérieur et les garde-côtes italiens, repris par l’AFP. Deux embarcations sont arrivées durant la semaine sur les côtes italiennes, l’une transportant 244 personnes en Sicile et une autre sur l’île de Lampedusa avec 219 personnes à bord, a indiqué le HCR. D’après des statistiques onusiennes, 36.000 personnes, toutes venues de l’Afrique du Nord, ont pu atteindre le rivage de Lampedusa. Trois quarts d’entre eux ont effectué une demande d’asile pour qu’ils ne soient pas renvoyés dans leurs pays.

Le flux de migrants clandestins sur les côtes libyennes s’explique en partie par le renforcement des autres pays maghrébins dont l’Algérie de la surveillance de leur littoral. La multiplication de noyades et la rareté d’embarcations qui arrivent à bon port ne semblent nullement dissuader les candidats à l’immigration clandestine. Le « mythe de la réussite » les obnubile ! Il suffit qu’une personne ou un groupe réussisse pour que d’autres le suivent. Face à un tel phénomène, le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni tentera de rassurer ses compatriotes en déclarant à la presse que l’immigration clandestine en provenance des côtes libyennes devrait cesser le 15 mai avec l’entrée en vigueur de patrouilles en mer communes italo-libyennes.

Est-ce possible d’arrêter ces flux d’un seul coup et seulement en mobilisant plus de corvettes en Méditerranée ? Les responsables de l’OIM et du HCR se montrent plutôt « sceptiques » sur l’efficacité de ces mesures. Selon le porte-parole de l’OIM, cité par l’AFP, le renforcement du contrôle des côtes a induit un effet pervers, poussant les filières d’immigration clandestine à trouver d’autres routes encore plus dangereuses. Pour certains observateurs, le traitement purement sécuritaire actuellement réservé à ce phénomène profiterait plus aux filières dites des « passeurs », qui ont pignon sur rue. Des filières qui se spécialisent aussi dans le trafic de drogue et des personnes.

Par Mokrane Ait Ouarabi

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Written by elharraga

31 mars 2009 à 3:36

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