Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

La nécessité d’une protection débattue à Tlemcen

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ÉMIGRATION CLANDESTINE

Tlemcen
De notre bureau

Emouvante journée d’étude que celle organisée mercredi à la maison de la culture Abdelkader Alloula par le bâtonnat de Tlemcen avec la participation de la direction de la wilaya des oeuvres universitaires, intitulée «L’émigration clandestine, les harraga, une méthodologie». D’emblée, le député Mohamed Benhamou donnera le ton à cette rencontre en déclarant devant une assistance composée de robes noires, de magistrats, des services de sécurité, de sociologues, de psychologues et de parents de victimes. «On ne peut pas mettre dans le même panier nos enfants qui se sont aventurés dans la mer et les Subsahariens. Nos enfants sont Algériens et ils n’ont enfreint aucune loi en narguant les vagues de la Méditerranée», dira Kamel Belabed, représentant des parents des harraga portés disparus ayant fait 1000 km (Annaba-Tlemcen) pour crier son indignation et sa colère. Avant d’ajouter, amer : «Nos enfants (les harraga disparus ou morts) ont voulu nous donner une leçon, nous transmettre un message clair : nous ne sommes pas à la hauteur !» Puis, s’adressant aux imams et certains politiciens en mal de renommée, il indiquera : «Nos enfants ne sont pas des kamikazes, ils n’ont fait de mal à personne, sauf à eux-mêmes. On n’a pas besoin de fetwas, mais de justice et de lois qui protègent nos enfants et les faire vivre dans la dignité.» Très abattu, M. Belabed dira : «En accusant nos enfants de tous les torts, on nous inflige d’autres souffrances.»
Boubekeur Sabouni, père d’un enfant disparu, tirera à boulets rouges sur «ceux qui méconnaissent ce phénomène, psychologues, sociologues et politiciens. Ceux-là portent atteinte aux victimes et à leurs proches. Nos enfants sont devenus des fonds de commerce». Et de jeter un pavé dans la mare: «Les pouvoirs ne font rien pour trouver des solutions à ce problème. Nous avons enquêté par nos propres moyens et nous avons découvert que de jeunes Algériens sont détenus en Tunisie, au Maroc et en Libye et personne n’a rien fait.» M. Belabed, hors de lui, a abondé dans le même sens en apprenant à l’auditoire solidaire dans la peine qu’«en Italie, on a érigé une stèle à la mémoire de nos enfants morts dans la mer et nos responsables ne font rien pour nous aider à rapatrier leurs corps». Et de crier, les larmes aux yeux : «Nous ne voulons pas que nos enfants soient incinérés en Europe !»
Interpellée, la députée de Sétif du parti El Infitah, Mme Maïma Farhi, a déclaré que «des députés sont sensibles à ce drame et ils vont organiser une journée parlementaire sur les harraga». Les parents des victimes ont qualifié «leurs enfants de harraga et l’Etat de…haggara. Un Etat responsable de ce drame puisqu’il est garant de la surveillance de nos frontières». Des communications de grande importance ont été animées par des avocats ayant pour titres «Harraga, étude anthropologique, les statistiques sur ce phénomène, les textes de lois, etc.» Des jeunes de Ghazaouet ayant déjà tenté l’aventure ont raconté les péripéties de leur mauvaise expérience en Espagne et d’indiquer: «On n’a pas pris la mer pour fuir la misère, mais l’injustice et la bureaucratie, les discriminations et les passedroits.» Une des recommandations interpelle le président de la République : «Nous demandons au Président de prendre en charge ce phénomène, comme il l’a fait avec le terrorisme !»

C. Berriah

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Written by elharraga

28 juin 2008 à 7:24

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