Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Archive for avril 2008

Sid Erraïs…, parle-nous !

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par Farouk Zahi

Parle-nous comme tu savais si bien le faire ! Tu étais le seul à pouvoir nous parler et nous te comprenions. Enfin nous le pensions. Ceux qui étaient supposés le faire à ta place n’ont pas réussi à nous rallier à leur vision. Nous, qu’on appelait « hitistes » et présentement « harraga », on te ressemble un peu. N’as-tu pas quitté les bancs du lycée pour rejoindre le maquis ?

N’aviez-vous pas été, toi et tes compagnons, et pendant plus de sept longues années, des « harraga »… un peu comme nous ? Vous avez souvent, contre l’avis des grands, quitté le champ, le lycée et parfois même l’université pour briser le mur du silence. Vous vous sentiez étrangers dans votre propre pays; nous ressentons presque la même chose. On vous traitait de « renégats », de « poseurs de bombes » et de « fellagas ». Le contexte n’est plus le même nous diras-tu, mais l’injustice, le déni d’équité, le dénuement sont mieux acceptés quand ils viennent de l’autre… celui qui a toujours été « l’ennemi intime », mais quand cela vient des proches, nous n’avons comme alternative que la révolte ou le suicide collectif dans les abysses marines. Il y a quelques années de cela, le kif et la « harga »… ça ne se passait que chez nos voisins; nos responsables étaient fiers de nous; ils disaient même que notre jeunesse est « propre ». Malheureusement, ils n’ont pas assez fait pour la garder « au sec ». Leurs discours prometteurs et abstraits ont fini par la « mouiller ». Tous les dispositifs d’insertion des jeunes ont manqué de cohérence et de perspective durable. Le plus décevant a été le pré-emploi dans la fonction publique. Après une année renouvelable une seule fois, nous sommes mis à la porte; on nous offre la possibilité de nous réinscrire dans le dispositif du filet social. De statut de sans emploi, on nous offre celui de chômeur en quête d’une précaire planche de salut. C’est tout de même une évolution dans l’absurdité. Elaborés sans nous, tous les symposiums, recommandations et dispositifs en direction de la jeunesse ont été l’oeuvre de « vieux ». Après un long cheminement labyrinthique administratif, dans le cadre du micro-crédit et du crédit pour la petite entreprise, nous nous sommes retrouvés en face de dragons bancaires: apport personnel, garantie, etc. La durée la plus courte pour la création d’un petit projet a été celle de Sihem de Bordj El-Kiffan qui a mis 15 mois pour pouvoir avoir l’autorisation d’ouvrir son école de plongée sous-marine. Une aussi longue durée n’est pas faite pour encourager les volontés les plus pugnaces. Pendant tes deux campagnes électorales, nous t’avons soutenu, nous avons rempli les stades et grimpé aux arbres pour te voir, t’entendre et si possible te toucher. Tu nous parlais si bien, on te comprenait, tu ne lisais pas de discours… tu disais « ERFA’A RASEK YA BA ! ». Depuis ta maladie que nous avons vécue la peur au ventre et ton rétablissement « Oua lillahi el hamd », on te sent si loin de nous. Tu ne parles que dans les cérémonies officielles et en arabe classique… ou en français, on arrive difficilement à te comprendre. Tu sais bien que la plupart ont quitté prématurément l’école…ils ne comprennent ni l’arabe savant ni le français. Ils n’ont jamais été de bons élèves. Tu dois certainement te demander avec nous, pourquoi le nombre de « harraga » a suivi une courbe progressive comme celle du cours du pétrole. Nos compagnons d’infortune des pays voisins nous en veulent presque de vouloir envahir l’Espagne et la Sardaigne avec eux. Ils ne trouvent pas de raison logique à notre fugue. Les pays « hôtes » se posent la même question avec, cependant, le mépris en sus. Ils considèrent que nous sommes plus riches que les autres illégaux.

On nous accuse de tous les maux. Il est même suggéré de nous surveiller étroitement lorsque quelques uns d’entre nous réussissent dans l’investissement agricole. Les engrais que nous utilisons peuvent servir à la fabrication d’explosifs ?! Nous avions lancé quelques signaux de détresse qui n’ont malheureusement pas été interceptés à temps. Notre premier appel a été lancé quand on réclamait des visas à Chirac qui t’accompagnait à Bab El-Oued, on introduisait en ta présence un dossier éminemment politique; malheureusement, les têtes qui se disent pensantes n’ont rien compris comme toujours. Elles nous traitaient, ce jour-là, de nouveaux harkis. Bien sûr qu’on aime notre pays…c’est nous qui avons inventé « one, two, tree… », c’est encore nous qui nous drapions de l’emblème national. Nous chantons l’Algérie à la manière de Baaziz ou de Lotfi Double canon; ils sont pour nous ce qu’ont été Driassa ou Saïd Sayah pour vous. Pendant que nous n’étions encore qu’un peu plus de 300 candidats en 2005, on n’a pas fait attention à nous, jusqu’à ce que nos corps, en perdition, flottent sur l’eau. C’est à ce moment que notre cri de détresse devint audible. On s’intéresse à ceux que certains qualifient d’épiphénomènes qui sont, en fait, une véritable tragédie nationale et qui interpellent la société dans toute sa composante. On nous consacre une grande émission télévisuelle; l’effet obtenu fut à l’inverse de celui attendu. Le théâtre filmique du documentaire présenté dans l’émission fut le théâtre tragique de la disparition d’une dizaine de « harraga » presque en live. Le silence religieux qui devrait accompagner ce drame ne fut pas de mise. L’une des reporters interviewées sur le plateau a même avancé que « la harga est un phénomène de mode » pour certains ?! Alors qu’on terminait à peine d’enterrer le dernier des naufragés, au propre et au figuré, on rebalançait le soir même la même émission. Décidément, Ahmed, le jeune de Tiaret qui a tenté six fois la traversée, n’a pas réussi à convaincre. Il ne cherchait pas un travail, il cherchait décidément un fonds pour le faire « rouler » dit-il. Il ne faut surtout pas lui en vouloir, il n’a pas la culture du travail manuel, il a grandi avec l’économie de bazar et du trabendo. La vraie réponse a été donnée par son père, ancien de Sonatiba, qui sait plus que tout autre que la cause du désespoir est dans le débauchage de plus de deux mille ouvriers dans deux entreprises publiques. C’est quand même deux mille familles qui n’ont plus de revenus ou presque plus. Au bord des larmes, le jeune chômeur d’Oran, dont le père est invalidé par la maladie, avoue la tête basse que seule sa mère qui travaille, pourvoit aux besoins nutritionnels d’une couvée composée de dix membres. On lui demande quel est son niveau d’instruction, comme si on allait l’embaucher sur le champ. Et comme si un niveau d’instruction pouvait dire quelque chose quand des détenteurs de diplômes d’études supérieures subissent eux-mêmes les affres du désoeuvrement.

Le correspondant de la télévision en France n’a pas trouvé mieux que de montrer les antres où se cacheraient les « fauves » pour se dérober du regard de la Guardia ou des Carabinieri. Il en appelle au sens de l’honneur national et du patriotisme, etc., etc.; il ne ressent assurément pas ce que nous ressentons ! Quant au vieil émigré, apparemment en retraite, bénéficiant certainement de revenus en euros, il peut toujours gloser sur les conditions défavorables que vit l’émigration. Mais il ne nous dit pas pourquoi il n’est pas rentré définitivement au pays, lui qui n’a plus rien à faire là-bas ?

Et si on me posait la question : Que nous faut-il faire ?….je dirais simplement Sid Erraïs que la maison a été construite en fausse équerre, elle ne peut avoir, dans ce cas, que des travers. Rien n’est encore perdu si…

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24 avril 2008 at 6:17

Harraga Des questions sans réponse

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par Ali Babès

La problématique de l’émigration clandestine peut-elle être résolue en Algérie par quelques mesures tirées de potions magiques sans aucune liaison avec la réalité ?

C’est en fait la grande question que se posent les pouvoirs publics qui veulent éradiquer, comme si c’était une gangrène nationale, l’émigration clandestine. Selon une étude publiée en marge du colloque d’Oran sur ce thème, le chômage constitue le premier facteur incitatif à l’émigration clandestine.

Sur 235 jeunes, 312 personnes sondées (dont 53 femmes) à travers les 26 communes de la wilaya d’Oran estiment que le chômage est la cause principale du phénomène de l’émigration clandestine. L’étude, faut-il le préciser, a été réalisée par des psychologues, c’est-à-dire menée pour voir si ces individus qui bravent les dangers de la mer et gaspillent des milliers de dinars sont «fous» ou non. Bref, selon cette étude donc, en plus du chômage, les proportions les plus larges de l’échantillon questionné, dont l’âge varie de 16 à plus de 35 ans, mettent également en cause «la pauvreté, la cherté de la vie, la perte de confiance en l’administration et la recherche d’une vie meilleure». Hamid Khaldoun, spécialiste des questions sociales, psychologue et chercheur spécialisé auprès du bureau de l’Onu à Alger, a révélé récemment dans une émission radiophonique que, «pour le moment, aucune demande n’est venue des pouvoirs publics pour réaliser une étude sociologique sérieuse, crédible et scientifique sur ce phénomène».

En fait, l’émigration clandestine, qui n’est nullement un phénomène propre à l’Algérie, n’est pas mesurée à sa juste valeur. Car si les tentatives actuelles des pouvoirs publics visent à décrédibiliser politiquement et socialement ce phénomène qui a pris en fait racine il y a déjà plus de 30 ans parmi la jeunesse algérienne, il n’en demeure pas moins qu’il reste sociologiquement un fait social d’actualité.

Les annonces médiatiques du type «l’Etat a dégagé des centaines de milliers d’emplois pour résorber le chômage» sont sans grande portée sur une dure réalité de mercantilisme administratif. Dans les petits villages, les douars, la vie est dure, les jeunes, beaucoup ayant un rang universitaire, ont perdu tout espoir sur une vie digne. En fait, l’émigration clandestine, vu sous un angle positif, est une sorte de soupape de sécurité autant pour atténuer les tensions sociales que pour régénérer le tissu social et générer des ressources en devises pour le Trésor public. Le Mexique est considéré à l’heure actuelle comme le plus grand pays dans le monde émetteur d’émigrés clandestins. Au moins un millier de Mexicains entrent illégalement chaque année aux Etats-Unis. Les Mexicains installés sur le sol américain y travaillent dans les exploitations agricoles et envoient chaque année près de 20 milliards de dollars au pays. Ces chiffres, communiqués par les services de l’immigration américains en disent long sur ce phénomène devenu planétaire. Les «harraga» algériens, ou maghrébins ont la mer à traverser, les Asiatiques, des dizaines de milliers de km de désert pour rejoindre l’Europe, et les boat people sud-américains, des milliers de miles pour l’Eldorado. Tous n’y parviendront pas. Mais tous veulent leur part de prospérité dans ces pays de «Cocagne» dont la richesse s’est faite un jour sur le dos des peuples colonisés. Et puis, n’est-il pas grand temps pour rentabiliser la manne financière de notre émigration ? Le Maroc en tire chaque année près de 3 milliards d’euros, idem pour la Tunisie. Combien pour l’Algérie dont la plus forte communauté en France est algérienne ?

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19 avril 2008 at 8:52

Belkhadem annonce 400.000 emplois par an Une bouée de sauvetage pour les harraga ?

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par H. Barti

Les travaux du colloque national sur l’émigration clandestine ont été lancés, ce jeudi, au musée El Moudjahid à Oran, en présence du Chef du gouvernement, M. Abdelaziz Belkhadem, et des ministres de la Solidarité nationale et du Travail et de la Sécurité sociale, MM. Djamel Ould Abbès et Tayeb Louh.

Organisé par l’Union générale de la jeunesse algérienne (UNJA), ce colloque vise, au terme de ses deux jours de travaux, à proposer des solutions à même de juguler ce phénomène qui a, pour rappel, fait 83 victimes en 2007, selon des chiffres communiqués en fin d’année dernière par le Commandement des forces navales.

Tout en s’interrogeant sur les raisons qui poussent les jeunes à tenter une aventure à l’issue incertaine et aux conséquences dangereuses, le Chef du gouvernement a affirmé que l’émigration clandestine est l’une des questions dont se préoccupent les pouvoirs publics. Il s’est demandé, dans ce même ordre d’idées, si cela est dû au seul manque d’emploi en Algérie. Dans ce sillage, le Chef du gouvernement a prévenu que «les rêves qui motivent certains jeunes, peuvent les conduire au danger», rassurant que «les perspectives sont ouvertes à tous les enfants de l’Algérie, surtout que tous les secteurs ont bénéficié de programmes destinés aux jeunes auxquels est confiée la tâche d’oeuvrer pour le développement et l’édification du pays». En rappelant la crise économique vécue à partir de 1986 et la détérioration des conditions sécuritaires dans le pays, et la décennie noire qui a suivi, M. Belkhadem a affirmé que ces accumulations ont engendré un déficit en matière d’emploi et une inadéquation entre la carte de la formation professionnelle et le marché du travail.

M. Belkhadem soulignera, à ce propos, l’adoption par le gouvernement d’une nouvelle politique en matière de création d’emplois, à travers la mise en place de nouveaux mécanismes et d’une nouvelle « carte de formation », en adéquation avec la réalité du marché du travail avec, comme finalité, arriver à la création de 400.000 postes d’emploi par an.

Pour le Chef du gouvernement, la problématique en Algérie se situe dans le chômage et le déficit en main d’oeuvre accusé par la plupart des chantiers, comme c’est le cas de l’agriculture et du bâtiment, appelant les jeunes à « aimer le travail qu’ils trouvent, en attendant de trouver le travail qu’ils aiment ». Lors d’une intervention qui a précédé celle de M. Belkhadem, le secrétaire général de l’UNJA, M. Mohamed Madani, avait qualifié, pour sa part, le phénomène de l’émigration clandestine en Algérie de « fléau ». Un qualificatif que beaucoup d’enseignants et de chercheurs universitaires présents dans la salle ont trouvé complètement inapproprié.

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19 avril 2008 at 6:57

Tiaret Onze harraga inhumés et une marche

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par El-Houari Dilmi

L’enterrement, lundi, peu avant le coucher du soleil, de deux des onze harraga, dont les corps ont été repêchés dimanche et lundi dernier à l’entrée du port de Béthioua, a failli tourner à l’émeute hier, lorsque des jeunes, de retour du cimetière où ils venaient d’enterrer leurs amis, ont organisé une marche vers le siège de la wilaya. Devant la résidence du wali, hier vers midi, ils ont exigé d’accentuer la lutte contre ce qu’ils ont qualifié «de vendeurs de la mort». Les forces antiémeute ont été discrètement déployées autour des édifices stratégiques de la ville de Tiaret. Des commerces ont même baissé rideaux de peur d’éventuels débordements. D’autres jeunes, plus nombreux, ont réclamé la présence du wali et des journalistes. Le sang-froid des services de sécurité a d’ailleurs permis d’éviter le pire au moment où le ministre de la Solidarité, M. Djamel Ould Abbas, s’apprêtait à quitter Tiaret lundi après-midi.

«Je veux être comme vous, M. le Ministre !»

Cette phrase, lourde de sens «décochée» par un jeune harrag multirécidiviste à l’adresse du membre du gouvernement, a fait dire à ce dernier, alors qu’il rencontrait lundi des jeunes chômeurs au niveau du siège de la direction de l’Action sociale, que la «situation était réellement préoccupante (…), nous allons tout faire pour empêcher nos enfants d’aller offrir leurs corps aux poissons», a-t-il promis. Pressé par des jeunes en proie à une vive colère, Djamel Ould Abbas promettra de venir en aide aux familles qui ont tragiquement perdu le fruit de leurs entrailles. Aux autres, c’est-à-dire aux «vivants», il annoncera une série de mesures pour les aider à «tenir le coup», dira-t-il. 1.568 jeunes ont tenté de gagner l’autre rive de la Méditerranée en 2007 dont 1.302 ont pu être secourus, a reconnu le ministre. «Pourtant, en 2005, ils n’étaient que 336″, a lâché Ould Abbas comme «noyé» par le torrent de problèmes débités par les jeunes aussi nombreux que désemparés.

«Ici s’arrête la vie !»

Sur les murs de Biban-Mesbah, ce village «oublié» dans le dos de la ville de Tiaret, huit parmi les victimes y vivotaient avec leurs familles dans le besoin le plus urgent. Avant de «plier bagage», les jeunes, Sadek, Benaouda, Mustapha, Med, Khaled et les autres avaient laissé, en guise de testament, un graffiti gribouillé à la hâte sur les murs décrépis : «Ici s’arrête la vie !». «Benaouda rêvait de souffler sa vingt-sixième bougie sous le ciel européen, il périra en mer sous un soleil printanier», raconte le coeur gorgé de douleur son frère aîné. Le plus jeune, Sadek, était âgé de 17 printemps.

Le teint blanc et les yeux verts, Sadek était un «beau garçon promis à un bel avenir et résistait tant bien que mal à son échec scolaire qui lui gâchait la vie», s’émeut son cousin Abdelmalek, son aîné de deux ans. Les camarades d’infortune de Sadek trimaient tous dans une carrière d’agrégats dans les environs de Tiaret moyennant 200,00 dinars la journée de dur labeur, se plaignent leurs familles sous le choc.

A Biban-Mesbah, des tentes ont été dressées pour accueillir les nombreux citoyens dont des anonymes venus compatir à la douleur des familles éplorées. Quatre (04) autres harraga morts en mer sont originaires de la ville de Tiaret dont deux cousins habitant le populeux quartier de «Volani». Parmi les victimes, Med. R, un sportif qui tenait une salle de body-building à la cité des «282 Logements».

Personne ne comprend comment ni pourquoi ce jeune homme à la nature calme et à l’esprit vif s’est jeté corps et âme dans une aventure… mortelle. D’autres familles, dont les corps de leurs enfants n’ont pas encore été retrouvés, sont toujours à l’hôpital d’El-Mohgoun, attendant que les plongeurs les retrouvent. Et selon des informations recueillies hier mercredi de source sécuritaire, les seize harraga, tous originaires de la wilaya de Tiaret, ont pris la voie des mers le 05 avril dernier à bord de deux embarcations.

Onze (11) corps ont été repêchés jusqu’à lundi dernier, leur repérage a été facilité par les gilets de sauvetage que les passeurs leur avaient fait porter lors de leur «mise à l’eau». Et au moment où nous rédigeons ces lignes, les opérations de recherches se poursuivent toujours pour tenter de retrouver les trois autres corps, des jeunes originaires de la wilaya de Tiaret.

Hier après-midi, le wali devait recevoir des représentants des jeunes dans une tentative d’apaiser leur douleur d’avoir tragiquement perdu leurs amis.

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10 avril 2008 at 4:27

13 corps repêchés en 24 heures Harraga: ruée vers la mort

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par K. Assia & El-Houari Dilmi

Le nombre de cadavres repêchés ce lundi à l’entrée du port de Béthioua vient d’augmenter avec la découverte de cinq autres corps de personnes âgées de 25 à 30 ans. L’opération de recherche, lancée depuis lundi au large des plages de Béthioua et de Mers El-Hadjadj, se poursuit toujours, apprend-on de source sûre.
Dans la matinée d’hier et plus précisément aux environs de 7h45, les éléments des gardes-côtes en patrouille dans cette zone ont repêché trois cadavres flottant sur l’eau. Deux autres ont été repêchés entre 9 et 12 heures, à 2 miles au nord de la plage de Mers El-Hadjadj (ex-Port aux Poules). Ainsi, avec les huit corps découverts la veille près de Béthioua, c’est au total 13 cadavres qui ont été repêchés entre lundi et mardi par les éléments des gardes-côtes.

Du côté des services du Centre régional des opérations de sauvetage et de secours en mer (CROSS), relevant des forces navales de la façade maritime ouest, les victimes repêchées hier n’ont pas encore été identifiées et leurs dépouilles ont été déposées à la morgue de l’hôpital d’El-Mohgoun. Toutefois, les services des gardes-côtes ont pu récupérer sur l’un des cadavres repêchés dans la matinée d’hier un appareil cellulaire. Un indice qui pourrait contribuer à l’identification de ce groupe de candidats à l’émigration clandestine. Les premiers éléments de l’enquête diligentée par les services compétents indiquent que la mort remonte à quelques jours, compte tenu de l’état dans lequel ont été découverts les corps sans vie de ces jeunes harraga.

Quatre corps rapatriés à Tiaret

La terrible nouvelle était sur toutes les lèvres hier matin à Tiaret. Les corps sans vie de 4 harraga ont été rapatriés mardi à Tiaret, après s’être noyés en mer et avoir été repêchés dimanche par les gardes-côtes dans la région d’Arzew, dans la wilaya d’Oran. En effet, les sept victimes, âgées de vingt à vingt-cinq ans, sont toutes originaires de la wilaya de Tiaret. Les corps de quatre jeunes hommes morts, noyés en mer alors qu’ils voulaient gagner les côtes espagnoles, ont été rapatriés et inhumés au niveau du nouveau cimetière de la ville de Tiaret. Deux parmi les victimes sont des cousins germains et habitaient le populeux quartier de «Volani», au sud de la ville, tandis que les deux autres sont issus des quartiers des «préfabriqués» et du quartier «Sonatiba». Les familles de trois autres victimes se sont rendues à l’hôpital d’El-Mohgoun, dans la wilaya d’Oran, pour rapatrier aujourd’hui les corps de leurs proches décédés en mer.

Dans un entretien téléphonique avec la radio locale, le directeur de l’hôpital d’El-Mohgoun a indiqué que toutes les facilités ont été accordées aux familles pour leur permettre un transfert rapide des dépouilles vers la ville de Tiaret. Parmi les huit victimes dont les corps ont été repêchés dimanche, sept sont originaires de Tiaret, tandis que la huitième victime est originaire de la wilaya d’Oran, a indiqué le même responsable à la radio locale.

Selon des informations que nous avons recueillies auprès de certaines familles, les huit victimes faisaient partie d’un groupe de seize harraga partis le week-end dernier à bord d’une embarcation à destination des côtes espagnoles. Si cela est avéré, et avec les treize corps repêchés lundi et mardi près d’Arzew, il reste trois harraga encore disparus. Hier, au moment où les familles éplorées enterraient leurs enfants, le ministre de la Solidarité, M. Djamel Ould Abbas, par un pathétique signe du destin, était en visite à Tiaret pour annoncer des mesures incitatives au profit des jeunes pour les «empêcher de céder à l’appel du large», selon sa propre expression. Vendredi dernier, une émission télévisée s’était intéressée à des jeunes du quartier de «Volani» de Tiaret qui avaient tenté, sans succès, de gagner ce qu’ils pensent être l’eldorado européen. Deux parmi les victimes inhumées hier à Tiaret sont originaires justement du populeux quartier de «Volani». La semaine dernière, deux corps de deux jeunes hommes, originaires de Tiaret et Rahouia, avaient été rapatriés pour être inhumés au niveau de leurs villages natals.

Depuis mars dernier, onze jeunes hommes, tous originaires de Tiaret, sont morts noyés en mer et leurs corps repêchés et rapatriés.

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9 avril 2008 at 5:15

Arzew : Le nombre de cadavres repêchés monte à 11

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Les gilets de sauvetage que portaient les émigrés clandestins ont permis de repérer les cadavres sans difficultés.

Alors que 2 autres cadavres ont été découvert encore hier au large d’Arzew, les corps des neufs harraga repêchés avant-hier par les gardes-côtes, à un mile et demi nautique au nord de la jetée du port d’Arzew, ont été identifiés hier par le service de la médecine légale de l’EPH d’El Mohgoun. Selon des sources sécuritaires, trois cadavres sur les neufs découverts ont été identifiés grâce aux téléphones portables qui étaient en leur possession. « L’enquête préliminaire déclenchée par les éléments de la gendarmerie nationale a indiqué que la vedette comprenait initialement seize candidats à l’émigration clandestine, dont deux jeunes d’Arzew. Ces derniers étant originaires de cette zone balnéaire ont assuré la mission de guide », apprend-on. Après les contacts établis avec les familles des jeunes repêchés, il s’est avéré que les neufs victimes, dont la moyenne d’âge varie entre 20 et 25 ans, sont originaires de Aïn Mesbah et de Bouchekif, relevant de la wilaya de Tiaret.

Micro tempête

Les mêmes sources d’information nous indiquent que deux autres corps appartenant à d’autres harraga originaires de la localité d’Echehairia, dans la commune de Aïn EL Bia, ont été repêchés et identifiés hier aux environs de 11 heures. « L’état dans lequel se trouvent les cadavres a permis à leurs familles, qui étaient nombreuses au niveau de l’EPH d’El Mohgoun, de les reconnaître rapidement », signale une source médicale. D’après les informations recueillies auprès des éléments des gardes-côtes, les gilets de sauvetage que portaient les émigrés clandestins ont permis de repérer les cadavres sans difficultés. D’ailleurs, l’enquête suit toujours son cours au niveau de cette zone considérée comme micro –tempête, selon les spécialistes en la matière, et ce, dans le but de repêcher les cinq corps qui sont pour le moment portés disparus. Selon les parents des défunts, qui sont venus pour retirer les autorisations d’enterrement auprès de l’APC d’Arzew, leurs enfants ont débarqué clandestinement à partir du littoral arzewien dans la nuit du 5 avril dernier. Ces cadavres ont été repérés en premier lieu par un bateau de pêche qui a aussitôt donné l’alerte.

B. Linda

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9 avril 2008 at 5:13

Oran Les corps de 6 harraga repêchés à Béthioua

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par K. Assia

Les cadavres de six personnes, âgées approximativement entre 25 et 40 ans, ont été repêchés, hier, par les éléments des gardes-côtes à l’entrée du port de Béthioua, dans la wilaya d’Oran.

En effet, il était environ 11 h 40, lorsque les gardes-côtes de Béthioua, qui se trouvaient en patrouille dans les environs, ont découvert les six cadavres flottant sur l’eau. Il s’agit, selon toute vraisemblance, des corps de candidats à l’émigration clandestine. Cette macabre découverte vient confirmer, encore une fois, une dure réalité à laquelle sont confrontés les services chargés de lutter contre ce phénomène. D’après les premiers éléments des investigations, les corps des victimes n’étaient pas dans un état de décomposition, ce qui confirme l’hypothèse que la mort remonte à quelques jours seulement. Il s’agit probablement de harraga qui auraient tenté l’aventure, mais pour lesquels, par malchance, les choses ne se sont pas déroulées comme ils l’espéraient. Selon les services des gardes-côtes, les identités des victimes n’ont pas encore été identifiées, ni leurs nationalités d’ailleurs. En attendant de nouveaux éléments, leurs dépouilles ont été déposées à la morgue de l’hôpital d’El-Mohgoun.

Cependant, cette affaire soulève plusieurs questions. Ces victimes font-elles partie d’un groupe de harraga qui auraient également péri en mer, mais dont les corps n’ont pas encore été rejetés ? Dans ce cas, quel était au départ le nombre total des candidats à l’émigration clandestine qui avaient pris la mer avec ce groupe ? Combien d’embarcations avaient pris le départ et de quelle plage ? Autant de questions que seules l’identification des victimes et l’enquête diligentée par les services de sécurité pourraient élucider. Chose qu’on ignore, pour l’instant, le mystère qui entoure cette macabre découverte reste entier.

Il faut dire ces « suicidaires » à la recherche d’un éden continuent à alourdir la liste des harraga portés disparus et des cadavres repêchés. A titre d’exemple, l’année 2007 est considérée comme une année particulièrement meurtrière pour les candidats à l’émigration clandestine. Selon un bilan du commandement des forces navales algériennes, au total 83 corps sans vie ont été repêchés durant l’année 2007. Un chiffre en constante croissance si l’on tient compte des bilans des années 2006 et 2005 et où 29 et 73 cadavres ont été respectivement repêchés. Face au problème des corps sans vie, celui des portés disparus qui se chiffre à plusieurs centaines eu égard au nombre de dossiers déposés par les familles au niveau des services de rétablissement des liens familiaux dépendant du Croissant-Rouge algérien et dont la mission est d’aider ces familles à retrouver la trace de leurs enfants. Du côté du commandement des forces navales, 60% des corps repêchés qui étaient dans un état décomposition très avancée, n’ont pas encore été identifiés. Au cours de l’année 2007, 1.530 harraga ont été arrêtés en Algérie dont 1.485 sont des Algériens. Ces arrestations, rappelons-le, englobent l’arraisonnement en mer (1.377 personnes) et le débarquement au niveau du port (153).

Written by elharraga

8 avril 2008 at 6:07