Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Des fellaghas aux harraga

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Pas un jour ne passe sans ramener son lot d’émigrants clandestins vers l’Espagne ou l’Italie, à partir des côtes des régions de Annaba ou de l’Oranie. Tentatives d’exil au dénouement parfois tragique. Familles endeuillées par la disparition en haute mer d’un proche qui tentait vainement de rallier l’Europe et de fuir la misère des quartiers de Sidi Lahouari, d’El Harrach ou d’ailleurs… Lundi dernier, une centaine de clandestins a regagné à partir de la région de Annaba les côtes de la Sardaigne, à bord d’une trentaine d’embarcations de fortune. Un clandestin algérien a trouvé la mort et sept autres ont été secourus par les Tunisiens. Du jamais vu, c’était impressionnant d’assister à une tentative collective d’émigration, ont affirmé les habitants de Sidi Salem et d’El Bouni. Tandis qu’à l’Ouest, non loin de Beni Saf, une cinquantaine de candidats à l’exil a eu moins de chance. La plupart d’entre eux ont été arrêtés avant d’embarquer sur les chalutiers qui les attendaient en pleine nuit. Leur chance, c’est d’avoir échappé à une mort certaine en tentant de traverser dans des conditions extrêmes les 300 km de mer qui les séparaient des côtes espagnoles. En effet, en l’espace de 30 mois, pas moins de 147 cadavres de clandestins, de « harraga » ont été récupérés par les gardes-côtes. Eté comme hiver, et beaucoup plus à la belle saison, ces « infiltrés » d’un nouveau type tentent leur chance de traverser la Méditerranée au péril de leur vie afin de rejoindre des cieux qu’ils croient plus cléments. Ils ont généralement entre 20 et 35 ans, en ont marre de l’ombre des murs auxquels ils s’adossent depuis des années et de la malvie qui s’accroche à leurs basques depuis tout aussi longtemps. Même les symboles ne veulent plus rien dire pour ces jeunes en détresse. La veille du 45e anniversaire, ils étaient tout aussi nombreux à tenter la traversée depuis Ghazaouet. Ils ont l’âge qu’avaient leurs aînés lorsqu’ils ont pris les armes contre la France et vers laquelle se dirige aujourd’hui leur folle tentative d’exil. Chaque époque a ses drames et ses odyssées tragiques d’êtres humains qui fuient l’injustice, la misère dans lesquelles ils sont nés. Il y eut le temps des « boats people » indochinois, celui des « balseros » cubains tentant de rallier les côtes américaines de Miami, serait-ce, présentement et ici, celui des « harraga » vers l’Europe.

Reda Bekkat

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Written by elharraga

28 juillet 2007 à 5:27

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