Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Archive for février 2007

Aïn Témouchent. Un réseau de passeurs de harraga démantelé à El Amria

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Hier, la police a présenté au parquet 3 personnes accusées d’avoir constitué un réseau de passeurs d’émigrants clandestins en direction de l’Espagne.

Tous sont d’El Amria, un chef-lieu de daïra côtière, situé à 15km du port de pêche de Bouzedjar. Les policiers, agissant sur information, ont identifié un élément du groupe, un journalier, qui a donné le nom du principal organisateur de l’opération. Ce dernier, déclaré sans profession, a nié les faits bien qu’en son domicile, après perquisition, les enquêteurs ont découvert un zodiac de 4m de long, 2 moteurs de 40 chevaux, 8 gilets de sauvetage, 2 pompes à air, dont une électrique, une tenue de plongée sous marine et un jerrican de carburant. Seul 3 sur les 6 candidats à l’émigration clandestine qu’ils avaient recrutés, tous d’El Amria, ont reconnu les faits. Ils auraient versé respectivement 9, 7 et 4 millions de centimes chacun. Pour rappel, au cours du mois écoulé, un autre groupe de passeurs avait été arrêté à El Amria, ce qui ramène à 3 les réseaux démantelés par la police, en comptant celui découvert à Béni Saf en 2006.

M. Kali

Written by elharraga

18 février 2007 at 6:42

8 harraga pour la Sardaigne

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Alors que les services de sécurité multiplient leurs rondes de nuit et de jour sur la plage de Sidi Salem (El Bouni), vérifient les embarcations et contrôlent l’identité des personnes qui fréquentent cette plage par où ont clandestinement immigré des jeunes il y a quelques semaines, les harraga changent de lieu de départ.

Ils ont jeté leur dévolu sur les plages de Aïn Achir et de Refes Zahouane. C’est à partir de cette dernière que mercredi dernier, dans la nuit, huit d’entre eux ont pris la mer à bord de 2 embarcations à destination de la Sardaigne (Italie). Ce sont tous des jeunes dont 3 mariés. Ils habitent la plage Refes Zahouane. Plusieurs jours après, ils n’ont pas donné signe de vie et leurs parents hantent les abords de la brigade de gendarmerie avec l’espoir d’entendre dire qu’ils ont été arrêtés. « Il ne m’a rien dit. Je savais qu’il préparait quelque chose depuis qu’il a reçu le rejet de sa demande de visa Schengen. J’ai souhaité qu’il parte tenter sa chance ailleurs, mais pas dans des conditions aussi périlleuses », a affirmé Ahmed D. parlant de son fils 30 ans, marié 1 enfant et au chômage depuis des années. Sur cette plage Refes Zahouane qui fait parler d’elle, tant par la multitude de cabarets, bars et autres night-clubs que par le nombre d’agressions et de vol, les aspirations des jeunes habitants se limitent à un seul objectif : partir d’Algérie. Chaque nuit et jusqu’au petit matin, en gardiens de parking ou en vendeurs de tabac, ils sont au contact direct des hommes de leur âge ou un peu plus âgés qui viennent dépenser de faramineuses sommes dans la consommation de l’alcool et pour les femmes. Les huit harraga ont pris la mer dans deux barques, chacune équipée d’un système GPS et d’un puissant moteur. « Préalablement, chaque équipage de 4 personnes s’était déplacé à Skikda pour acquérir un GPS à 30 000 DA et un moteur hors-bord à 220 000 DA. Personnellement, j’ai cru qu’ils allaient s’adonner à la pêche. Ce sont des jeunes voisins que je connais très bien. Depuis des années, ils n’avaient qu’une idée, trouver du travail et améliorer leurs conditions de vie. Pas une seule fois, je ne les ai entendu parler d’immigration clandestine », avoue Abdelaziz H., un père de famille qui tente de survivre dans la gérance d’un petit magasin d’alimentation générale.

Samy B.

Written by elharraga

10 février 2007 at 6:13

Des harraga qui jouent avec la mort

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Une rencontre de sensibilisation avec les jeunes a eu lieu hier, à la salle de conférences de l’organisation nationale des associations pour la sauvegarde de la jeunesse sur le phénomène de l’immigration clandestine.

M. Abidat, président de cette association, a tenté d’analyser ce phénomène social. « Il y a danger. Les jeunes utilisent trois jargons harraga, el hadda et enaf. Il y a une différence entre l’immigration des années 1980 et celle d’aujourd’hui. Les jeunes préparaient la fuite avec la complicité d’un matelot à bord d’un bateau de transport de marchandises. Une traversée coûtait 30 millions. Aujourd’hui, ils jouent avec la mort. » Il cite des chiffres : 42 cadavres ont été repêchés du 1er janvier au 30 octobre 2006, et 377 Algériens ont été sauvés par les garde-côtes. Tout a commencé lorsque deux jeunes, entre 18 et 20 ans, de Aïn Témouchent ont tenté l’aventure avec une embarcation et atteint Alméria (Espagne). Ils ont téléphoné à leur famille pour leur faire part de leur exploit. Depuis, très nombreux sont ceux qui rêvent de connaître la même réussite. Parmi les facteurs motivants, il cite la réussite de la tentative, ce genre d’initiative est perçu comme « un acte de bravoure qui crée chez les jeunes un climat de confiance pour vaincre la peur. Cette aventure est même encouragée par certains parents irresponsables. Ces jeunes ne veulent pas rester, mais revenir au pays avec une voiture et de l’argent ». Alger est « verrouillée » alors ils partent des plages distantes d’Almeria de 100 km grâce à un réseau qui a su créer une sorte de « micro-activité ». Ce sont des pêcheurs qui se transforment en passeurs. Ils réclament entre 10 et 15 millions pour leur céder une embarcation souvent vétuste. Le profil des harraga est identique : des jeunes âgés de 18 à 35 ans, dont les motivations sont de fuir la misère et le chômage qui leur collent à la peau, voire un certain mal-être social, à la recherche d’une qualité de vie meilleure. M. Abidat souligne que « la solution passe par une amélioration des conditions de vie, l’éducation, la prévention, l’orientation, le conseil et le soutien ».

Kamel Benelkadi

Written by elharraga

6 février 2007 at 5:49