Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Archive for octobre 2006

Phénomène des harraga

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Le vide juridique demeure
Jeudi dernier, vers 22h, agissant sur renseignement fourni par la garde communale, la BMPJ a procédé à l’arrestation de 12 personnes âgées entre 20 et 41 ans. Originaires pour neuf d’entre elles d’Oran et trois de Mascara, elles s’étaient regroupées dans la discrète deuxième plage de la ville de Béni Saf, lieu de rendez-vous avec leur passeur qui devait les embarquer cette nuit-là.

Ce convoyeur, un Béni Safien, Mohamed, qu’ils ne connaissent que de vue, s’était fait payé d’avance la somme de 750 000 DA. Ainsi, c’est au commissariat que s’est terminée leur fugue du territoire national. Il s’agit de la 13e tentative d’émigration clandestine enregistrée depuis août dernier à partir du littoral témouchentois. Dans ce décompte, il n’est question que des tentatives ayant échoué, le nombre de celles ayant abouti demeure inconnu. Il y a généralement découverte de tentative que lorsqu’il s’agit de candidats à l’émigration clandestine venant d’autres régions. Leur présence en nombre, à une heure indue et à un endroit particulier, les dénonce à la surveillance exercée sur le littoral depuis que le phénomène harraga a pris de l’ampleur. Mais lorsqu’il s’agit de harraga parmi lesquels domine l’élément témouchentois, la tentative a plus de chance de réussir si le mauvais temps ne vient pas s’en mêler. Par ailleurs, selon certaines informations, des bateaux de pêche grassement payés assurent en partie le transport des harraga avec leur embarcation au plus loin en mer de façon à échapper aux garde-côtes. Au bout du compte, sur les 13 tentatives échouées, trois se sont achoppées en mer. Au total, ce sont 150 personnes qui ont été appréhendées. Cependant, les services de sécurité se disent désarmés face au phénomène puisqu’une fois remis à la justice, les candidats à l’émigration clandestine sont libérés pour cause de vide juridique. En effet, il n’y a poursuite que s’il y a vol d’embarcation. Par ailleurs, il n’y a également poursuite que lorsque les harraga sont pris en mer et seulement par les garde-côtes en vertu du code maritime. Mais même dans ce cas, l’impunité est la règle puisque les articles 479 et 493/1 de ce code relativement au moyen de transport non sécurisé et à l’absence de permis de navigation ne s’appliquent qu’au passeur qui tient la barre. Or devant un tribunal, ces dispositions juridiques ne sont pas prises en considération, cela en vertu de l’article 268 qui ne responsabilise que les commandants de bord. « Cela veut dire que vous pouvez mettre en danger la vie des gens si vous disposez d’une misérable barque mais pas si vous avez un bateau. Vous voyez un peu le paradoxe », nous a expliqué une source sécuritaire.

M. Kali

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Written by elharraga

29 octobre 2006 at 4:44

Six noyés, deux rescapés et des disparus près d’Oran

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Une tentative d’émigration clandestine a tourné au drame durant la journée de l’Aïd El Fitr au large de Coralès sur la corniche oranaise. Les éléments de la Protection civile, qui ont été avisés par les gardes-côtes, ont pu secourir deux passagers clandestins, l’un originaire d’Oran, qui serait le passeur, et le second d’Alger, et repêcher les cadavres de six personnes noyées.

Ces rescapés ont été évacués vers les urgences médicochirurgicales et le service de la médicine légale du CHUO. Selon un passager clandestin qui a donné l’alerte en rejoignant à la nage la côte, « l’embarcation qui les transportait a chaviré à 500 mètres au large des côtes de Coralès. » Dès les premiers instants de l’alerte, les éléments de la Protection civile, aidés par les gardes-côtes et les plongeurs, dotés de matériels d’intervention et appuyés par un hélicoptère de l’ANP, ont recherché les corps des disparus jusqu’à la tombée de la nuit. D’après les témoignages concordants des deux survivants, les naufragés sont tous de nationalité algérienne. C’est certainement suite à un soudain emballement de la météo que le canot pneumatique sur lequel les dix harraga avaient pris place se serait retourné. En effet, alors que le temps était calme, la veille en fin de journée, un vent d’ouest se leva, annonçant une brusque tempête. Sans doute mis en confiance par un temps anormalement calme et une embarcation apparemment spacieuse, les clandestins seront trahis par la force des vagues. La Méditerranée étant connue pour sa météo capricieuse, qui peut, en l’espace de quelques minutes, transformer une « mer d’huile » en un véritable coupe-gorge. C’est certainement ce qui a dû se produire cette nuit du 24 octobre. Un mois qui aura battu tous les records en matière d’émigration clandestine à partir des côtes ouest. Ce qui explique qu’en cas d’avarie, de panne sèche ou d’incident sur les moteurs, la plupart des embarcations, notamment celles qui parviennent à gagner le grand large, lorsqu’elles dérivent, finissent naturellement par toucher terre au niveau de la façade maritime de Mostaganem. C’est ainsi qu’en l’espace de deux semaines, pas moins de 18 clandestins seront sauvés en haute mer par des navires, dont l’un appartenant à la marine américaine. La plupart des ces candidats à l’émigration sont originaires des wilayas d’Oran et de Tlemcen. Toujours durant cette courte période, 9 autres rescapés seront sauvés d’une mort certaine à quelque 36 miles au large de Achâacha. Ce choix s’explique essentiellement par la relative proximité avec les côtes espagnoles. En effet, les plages de Madagh, des Andalouses (wilaya d’Oran), d’El Ouardania (commune d’Oulhaça, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Beni Saf), ou de Bouzedjar (wilaya de Aïn Témouchent) ainsi que celles de Sidna Youchaâ et de Mekhalla-plage dans la région de Honaïne (wilaya de Tlemcen) se sont transformées, en l’espace de quelques années, en véritable plaques tournantes de l’émigration clandestine à destination de l’Europe. Malgré les patrouilles des éléments de la sûreté et ceux de la gendarmerie, tout le long du littoral oranais (120 km), de plus en plus de jeunes, au risque de sacrifier leur vie, tentent désespérément l’aventure en haute mer sans tenir compte des risques qu’ils encourent, particulièrement à l’approche de l’hiver caractérisé par de fréquents changements climatiques. Pour rappel, durant ces deux derniers mois, plusieurs tentatives d’embarquement clandestin de jeunes harraga ont été déjouées à partir du littoral oranais. Des groupes de dizaines de jeunes, candidats à l’aventure périlleuse, à bord d’embarcations de fortunes acquises auprès d’intermédiaires véreux et arnaqueurs spécialisés, à des sommes pouvant atteindre facilement les 100 millions de centimes, ont été appréhendés. Ces harragas, en grande majorité des jeunes issus des wilayas ou des régions limitrophes d’Oran, sans aucune expérience, ni connaissance des dangers de la navigation en haute mer, évitent à présent d’utiliser les navires en rade dans les ports commerciaux hautement surveillés et sécurisés depuis l’introduction de l’ISPS code maritime. Ils prennent, à présent, les départs à partir des zones isolées situées sur le littoral d’Oran ou celui de Aïn Témouchent. Les chiffres communiqués par les services de la gendarmerie font état, pour le seul premier semestre de l’année en cours, de l’arrestation de plusieurs personnes dans 90 tentatives échouées à partir d’Oran ou de Aïn Témouchent. Pour l’année 2005, ces mêmes services avaient enregistré 119 tentatives. Certaines familles, qui avaient contacté le service spécialisé mis en place depuis une année par le Croissant-Rouge algérien pour d’éventuelles recherches des disparus, attendent toujours des nouvelles de leurs enfants ou de leurs proches. Ces derniers, désespérés, sans emploi, avaient pris le risque et tenté l’aventure pour un eldorado outre-mer. Mais, lorsque le rêve courtise l’aventure, le désir d’aller voir ailleurs demeurera toujours plus fort, tant que les causes de la marginalisation d’une grande partie de la population ne seront pas résolues.

T. K.

Y. a.

Written by elharraga

26 octobre 2006 at 6:49

8 « harraga » sauvés in extremis à Aïn Témouchent

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Jeudi, jusqu’à 10 h 30, huit harragas entassés dans une embarcation de 1,80 m suppliaient ardemment le ciel pour qu’un bateau de pêche les découvre.

Ils étaient à bout de force après déjà six jours de dérive, de fatigue, de faim et de soif. Ils n’avaient emporté que de quoi se sustenter pour la nuit, le temps d’une traversée engagée à 23 h 30 à partir d’une crique en contrebas des falaises de Oulhaça. Les 180 litres d’essence qu’ils avaient à bord, après 12 heures de traversée, les avaient amenés tout près des côtes ibériques. Le moteur Yamaha de 30 chevaux avait été trop gourmand en consommation de carburant. Rejoindre le rivage à la nage aurait été risqué avec le chergui qui soufflait. C’est ce même vent d’Est qui fit rebrousser chemin à l’embarcation désormais en dérive, la traînant dans un incessant roulis. Agés entre 22 et 30 ans, les « naufragés involontaires » avaient cotisé pour l’achat, soit 400 000DA, du semi-rigide dans lequel ils avaient embarqué. Au sixième jour, celui d’entre eux qui était marin pêcheur, leur redonna espoir en leur apprenant qu’ils se trouvaient sur la zone de pêche du côté de Béni Saf. Mais il les avait également alarmés en leur précisant que le vendredi, il n’y aurait nulle sortie de bateaux, journée de repos des travailleurs de la mer. Après quelques heures d’attente, parut un chalutier qui les secourut. Ils ont été, sitôt arrivé au port, transférés à l’hôpital. Comme dans nombre d’autres cas, il se trouve parmi eux des individus bien installés socialement puisque deux des huit « fugueurs » sont des commerçants. L’un de ces fous de l’ailleurs est un opéré du cœur qui était sous contrôle médical. Il a dû, durant le quasi naufrage, avaler ses cachets avec de l’eau de mer. A l’arrivée, il était dans une situation critique.

M. Kali

Written by elharraga

14 octobre 2006 at 6:28