Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Archive for mars 2006

Rapatriement de deux harraga

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Demain, deux jeunes harraga originaires de Mers El Hadjadj (50 km à l’est d’Oran) seront rapatriés à bord d’un pétrolier en provenance des Pays-Bas. Malgré l’introduction de nouvelles mesures de sécurité et la mise en place à travers toutes les enceintes portuaires nationales, notamment aux ports pétroliers, de l’ISM code maritime, de plus en plus de jeunes harraga tentent la traversée de la dernière chance vers le Nord.

En effet, de nombreuses tentatives d’embarquement clandestin ont été déjouées par les services compétents, mais certains « irréductibles » arrivent, malgré les mesures draconiennes de sécurité, à embarquer et faire le voyage de leurs rêves. C’est le cas de deux jeunes originaires de Mers El Hadjadj qui ont, selon des sources bien informées, embarqué clandestinement le 9 mars du port d’Arzew El Djedid (Bethioua) à bord du pétrolier Stavanger Prince, battant pavillon norvégien. Malgré toutes les mesures de sécurité, les deux compères quittent le port, le 14 mars, à bord du navire à destination des Pays-Bas. Selon nos informations, les deux harraga n’ont été découverts qu’une fois arrivés à destination. Les mêmes sources, qui n’ont pas souhaité dévoiler l’identité des deux jeunes, nous confirmeront par ailleurs qu’ils seront rapatriés demain à bord du même navire qui s’apprête à accoster le port d’Arzew. Une fois débarqués, les deux « aventuriers » seront présentés aux autorités judiciaires pour leur inculpation d’« embarquement clandestin ». En dépit des mesures réglementaires dissuasives contenues dans les dispositions pénales de la loi du 27 juin 1988, complétant l’ordonnance n°76-80 du 23 octobre 1976 portant code maritime, des peines d’emprisonnement pouvant aller de six mois à cinq ans de prison et une amende variant de 10 000 à 50 000 DA à l’encontre des personnes qui s’introduisent clandestinement à bord d’un navire avec l’intention de faire une traversée, les statistiques démontrent l’ampleur d’un phénomène social sans cesse grandissant. En effet, malgré toutes les dispositions réglementaires, le nombre de candidats à l’exil forcé dépasse l’entendement. Pour l’année 1999, les autorités compétentes ont recensé pas moins de 175 tentatives d’embarquement à partir du port d’Arzew. Au cours de l’année 2000, pas moins de 133 jeunes ont été pris en flagrant délit de tentative d’embarquement clandestin. Les statistiques pour l’année 2001 et 2002 dépassent, selon une source autorisée, les 500 jeunes. Pour le seul port d’Oran, pas moins de 175 mineurs ont été appréhendés durant les onze premiers mois de l’année 2002. En août de la même année, les autorités espagnoles ont expulsé 299 jeunes clandestins vers Oran. Mais devant la monotonie, l’oisiveté et l’exclusion, le désir de prendre le large devient une obsession chez beaucoup de jeunes pour qui l’avenir est de plus en plus sombre.

A. Ait Saidi

Written by elharraga

29 mars 2006 at 6:05

Treize jeunes « harraga » auraient péri en mer

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La nouvelle de la disparition mercredi dernier de treize jeunes personnes de la ville de Tiaret, issues des quartiers de Mezhoud, Eldjaffef, Sonatiba et Zaâroura, a vite fait de se répandre et l’attente des familles sur la confirmation ou de l’infirmation des décès reste à l’égal du flou qui entoure cette disparition.

Une disparition que certains candidats à la « hedda » actuellement emprisonnés à Remchi auraient confirmée à certains parents partis aux nouvelles, car « les frères Bensaïd Khaled et Moulay, Dalla Benouali, Hamadi Rabah, Belarbi Ahmed, Merdjet Mourad dit ‘’EPI’’, Abed, Hamani, Amine, Kaïd Benaïssa et les frères Reggad Hebib et Abed auraient bel et bien péri avec leur embarcation à côté de Ghazaouet, plus précisément au large de la plage de Bouzedjar ». Une embarcation que les malheureux candidats auraient acquise pour près de 800 000 DA après avoir cotisé pour gagner ce qu’ils espéraient être l’eldorado européen. La destination Espagne est, après l’exil allemand, pour les jeunes Tiarétis une nouvelle piste. Pas du tout préparés pour elle, tant demeure grand leur dénuement, doublé d’inconnues, dont les aléas climatiques défavorables en ce mois de mars, l’aventure ne pouvait qu’être risquée. « Le pari était fou », dira le frère de Merdjet, auteur malheureux d’une même tentative dans les années 1990. Elle reste pour lui « entourée d’énigmes », renchérira-t-il. Le frère de Mourad, qui semblait affecté par cette tragédie, garde tout de même un mince espoir, car tient-il à affirmer « comment une embarcation pouvait-elle échapper au contrôle des gardes-côtes. S’ils sont morts, où sont leurs corps ? », puisque « ces jeunes harraga, avant de partir de Bouzedjar, auraient été interpellés une première fois, alors qu’ils prenaient la direction d’Almeria à 4 h, vendredi 17 mars ». Un jour plus tôt, celui qu’on affuble du surnom d’« EPI » est parti de la maison, la tête pleine de projets. N’y avait-il pas de complicités, voire un guide dans cette triste affaire, il est vrai, loin d’être la première du genre, mais la tension est telle à Tiaret que certains, le père de Della, M. Abdelkader, la lient à la situation de précarité de ces jeunes. Ils étaient tous chômeurs, mais ce chômage n’explique pas tout, car la « hedda » reste une seconde nature chez ces jeunes dont l’âge varie entre 21 et 24 ans. Leur perte en tous les cas reste lourde et difficile. Presque tous les jeunes de Tiaret en parlaient hier. Avec émotion bien sûr, mais avec des versions plus ou moins fantaisistes. Certaines lucides en tous les cas.

A. Khalid

Written by elharraga

26 mars 2006 at 6:44