Harraga – Harragas

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Archive for février 2006

Les dix «harraga» placés sous mandat de dépôt

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L’affaire des dix «harraga» secourus jeudi matin, par l’équipage du méthanier Abbane Ramdane, à la limite des eaux territoriales espagnoles, vient de livrer d’autres détails. Présentés, hier, au parquet d’Arzew, ces jeunes candidats à l’émigration clandestine ont été placés sous mandat de dépôt en attendant l’achèvement de l’enquête. Pour rappel, deux groupes de 12 et 10 personnes ont décidé de tenter l’aventure à bord de 2 embarcations de 4,5 m, à destination de l’Espagne.

C’est au cours de la traversée que le drame s’est produit. Les 2 embarcations ont été prises dans un fort courant et sont devenues incontrôlables. Le groupe des 10 a été secouru, alors que les autres sont toujours portés disparus. Par ailleurs, l’enquête déclenchée par les services de sécurité a permis d’élucider les tenants et les aboutissants de cette affaire.

Les mis en cause, dont 7 sont originaires d’Oran et 3 de la wilaya de Tizi Ouzou, ont avoué que leur «voyage» était programmé 2 semaines auparavant. D’autre part, seulement 3 «harraga» sur les 10 qui ont été secourus ont été trouvés en possession de leurs papiers d’identité, les autres ont préféré s’en débarrasser afin d’éviter d’être identifiés, apprend-on de source sécuritaire. Il s’agit des nommés B.H, âgé de 26 ans, originaire de Tizi Ouzou et serveur dans un café à Aïn El-Turck, H.N, âgé de 36 ans, artisan dans le secteur du bâtiment et B.A, âgé de 22 ans, demeurant également dans la même localité. L’idée de la traversée avait germé dans leurs esprits après des contacts étroits avec certains membres d’un réseau qui serait spécialisé dans ce genre d’affaires, apprend-on. Pour concrétiser leur projet, ces candidats à l’émigration clandestine, dont un adolescent de 15 ans, selon certaines sources, se sont vus obligés de cotiser une somme d’argent qui avoisine les 100 millions de centimes pour s’acheter une embarcation solide. Des contacts sont entrepris et, après quelques jours, ils parviennent à prendre attache avec le propriétaire d’une embarcation avec moteur à Cap Falcon. Rassurés sur le bon état de celle-ci, après les «garanties» qui leur ont été données, les jeunes ont pris le départ dans le but de rejoindre les côtes espagnoles. Cependant, la chance n’était pas de leur côté car l’embarcation n’était pas aussi solide pour faire face au courant violent, nous indique-t-on. En attendant d’autres révélations sur cette affaire, il y a lieu de préciser que des poursuites sont lancées pour identifier le ou les propriétaires de ces embarcations. Les services de sécurité n’écartent pas l’éventualité de l’existence d’un réseau spécialisé dans ces affaires d’émigration clandestine à partir d’une plage de la côte oranaise.

Notons, par ailleurs, que les recherches se poursuivent toujours pour retrouver les 12 autres jeunes portés disparus.

K. Assia

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Written by elharraga

19 février 2006 at 9:01

L’étau se resserre sur les harraga

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Coralès – Cap Falcon

Le nombre sans cesse inquiétant des harraga, ayant pris clandestinement la mer à destination de l’Espagne, a contraint les services de sécurité à multiplier de vigilance sur le littoral Ouest de la corniche oranaise. Les plages de Coralès et de Cap Falcon, bases de départ par excellence des adeptes de l’Europe, sont soumises depuis quelques mois à une surveillance accrue.

D’ailleurs, nombre de « partants », en attente sur la côte, ont été récupérés par les services de la gendarmerie de Aïn El Türck. Les différentes patrouilles opérées sur les bords des plages, inspectant les moindres grottes ou garages à bateaux ont atténué le flux des harraga. C’est peut être ce qui expliquerait le choix de la baie de Beni Saf où le taux de fuite a atteint un seuil important, avant que des mesures de surveillance draconiennes ne soient mises en place. Selon certains postulants à la « hedda », « l’étau se resserre depuis quelques temps et il devient de plus en plus difficile de ne pas se faire repérer ». De plus, le mauvais temps aidant, « il serait risqué de prendre le large », avoueront des harraga avant de déclarer : « que ce n’est que partie remise ». En effet, nombre d’embarcations de différentes catégories, mises sur cale sèche, selon le jargon des gens de la mer, sont prêtes pour le départ au moindre éclaircissement du temps ou signe d’accalmie du vent, principal ennemi des navigateurs. Généralement, les immigrants clandestins embarquent par groupe de 12, moyennant une contrepartie de 7 millions de centimes par passager. Le guide ou le passeur est exonéré du prix de la traversée. Mais, de l’avis général et à voir l’état d’esprit qui anime tous ces jeunes, « rien, disent-ils, ne pourra les dissuader à laisser tomber leur projet de quitter le pays clandestinement », rétorquant « qu’il suffit juste de guetter le bon moment ! ».

C. A.

Written by elharraga

12 février 2006 at 6:07