Archives de mai 2009
22 harraga arrêtés à Annaba
A peine quelques heures après la mise sous mandat de dépôt, mercredi à Annaba, de 18 harraga, c’est au tour de 22 autres jeunes dont un mineur à prendre le large.
Hier, vers 1h, les éléments du Groupement territorial des garde-côtes (GTGC) de Annaba ont intercepté une embarcation de fortune à bord de laquelle avaient pris place 22 jeunes harraga. Agés de 17 à 31 ans, ces jeunes chômeurs, dont 21 de Annaba et un de Oum El Bouaghi, avaient embarqué avec l’espoir de rejoindre les côtes européennes, notamment l’île de la Sardaigne (Italie). Dans le balayage de la façade maritime auquel ils procèdent H/ 24, les éléments de la garde maritime les ont interceptés à 4 miles marins au nord de Ras El Hamra (Annaba). A la veille du week-end, ces jeunes ont compté sur une baisse de vigilance des gardes-côtes. Les harraga ont été présentés le même jour devant le procureur près le tribunal de Annaba. Contrairement aux 18 harraga qui avaient été écroués, les 22 immigrés clandestins ont fait l’objet d’une citation directe. Ils comparaîtront à la barre du même tribunal le 15 juin 2009 sous diverses accusations, dont tentative d’immigration clandestine. « Nous avons déployé un important dispositif de sécurité que nous avons mis en alerte qui, associé à des nuits blanches, rendra étanches nos frontières face aux tentatives d’immigration clandestine », nous a indiqué Zaidi Abdelaziz, chef de la station maritime principale des gardes- côtes de Annaba.
Par M. F. Gaïdi
18 « clandestins » placés sous mandat de dépôt à Annaba
Sur décision du procureur près le tribunal de Annaba, 18 harraga ont été placés hier sous mandat de dépôt. Accompagné de son tuteur, un mineur qui se trouvait parmi « les incriminés » a, quant à lui, bénéficié d’une citation directe.
Annonçant sévèrement l’application de la loi criminalisant l’acte de quitter illégalement le territoire national, cette première a concerné seulement les malheureux de la dernière « expédition » composée de 19 candidats à l’immigration clandestine. Ils ont été interceptés hier, minuit passé, par les éléments du groupement territorial des gardes-côtes (GTGC) qui patrouillaient à bord de l’unité El Mountassar N°360 en présence de plusieurs semi-rigides. Agés entre 17 et 47 ans, ces 19 jeunes infortunés dont 10 sont originaires de Annaba, 5 de Khenchela, 3 de Guelma et 1 de Jijel ont été surpris, alors qu’ils naviguaient à bord d’une embarcation artisanale à 4 miles au nord de la plage de El Chatt de la wilaya d’El Tarf.
Ils ont appareillé, selon le GTGC, à 22h à partir de la plage de Sidi Salem, située à quelques encablures de la commune d’El Bouni (Annaba). Contacté, M. Zaidi Abdelaziz a confirmé l’information en abondant sur l’entrée en vigueur de la loi incriminant l’acte de l’immigration clandestine. Selon lui ces 18 harraga seront jugés conformément aux nouvelles dispositions indiquées dans la loi N° 09-01 du 25 février 2009 modifiée et complétant l’ordonnance N°66/156 du 8 mai 1966. Elle est entrée en vigueur le 8 mars, soit le jour de sa parution sur le Journal officiel. C’est particulièrement l’article 175 qui sera appliqué dans toute sa vigueur contre les malheureux harraga. Il y est stipulé : « Est passible d’une condamnation à une peine d’emprisonnement de deux à six mois assortie d’une amende de 20 000 à 60 000 DA l’acte de quitter le territoire national hors des lieux de postes frontaliers et de passage de son auteur ».
Bien que nous ayons pris attache par téléphone avec Me Bouchachi Mostapha, président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), l’avocat n’a pas daigné nous livrer ses impressions. Saisi de la mise sous mandat de dépôt de 18 harraga, le défenseur des droits de l’homme a préféré vaquer à sa plaidoirie. « Je suis au tribunal, rappelez-moi ultérieurement », nous a-t-il signifié. Il est resté injoignable jusqu’à la fin de l’après-midi, tout autant que son représentant à Annaba M. Kamel Daoud. Ainsi cette incarcération intervient-elle 24 heures après l’arrestation de 18 autres harraga au large de la plage de Sidi Salem (El Bouni). Ce qui porte le décompte à 73 harraga arrêtés ou secourus en moins de 10 jours par les gardes-côtes de Annaba.
Par M. F. Gaïdi
Ils comparaîtront à la barre le 20 juin 2009 : Encore 18 harraga interceptés
Il était 23h passées lorsque les éléments (GTGC) de Annaba à bord de l’unité semi-rigide N°363 en patrouille dans les eaux territoriales ont repéré une embarcation artisanale dans laquelle avaient pris place 18 jeunes harraga.
Agés entre 19 et 34 ans, ces jeunes infortunés naviguaient à 4 miles marins au nord de la plage Seybouse, distante de moins de 3 km du chef-lieu de commune d’El Bouni, dans la wilaya de Annaba. Selon le commandant du groupement territorial des gardes-côtes de Annaba, Cheriak Mahmoud, « les 18 immigrés clandestins ont été interceptés, alors qu’ils venaient de larguer les amarres pour rejoindre la rive nord, notamment l’île de la Sardaigne. Ils étaient 16 jeunes originaires de la wilaya de Skikda et 2 de Chlef animés par la ferme intention de quitter le territoire algérien ». À l’arrivée au port de Annaba, ils ont été pris en charge par le médecin de la protection civile. Contacté, M. Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime principale du groupement des gardes-côtes de Annaba, a confirmé l’information en ajoutant : « En dépit de l’entrée en vigueur depuis le 8 mars de la criminalisation de l’acte de l’immigration clandestine, les jeunes algériens continuent toujours à braver le risque de la mer pour fuir leur pays. Leur embarcation a été saisie avec un moteur de type Suzuki 40 chevaux ». Après les formalités de routine, ils ont été présentés au procureur de la république du tribunal de Annaba. A l’image des premiers HARRAGA, ils sont destinataires, selon Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime, d’une citation directe pour le 20 juin 2009.
Par M. F. G.
Émigration clandestine : Une cinquantaine de harraga interceptée
Hier, trois embarcations clandestines transportant une cinquantaine de harraga ont été interceptées au large des plages oranaises par les gardes-côtes.
Les deux premières embarcations avaient pris le départ à partir des plages de la corniche oranaise et la troisième à partir de la plage de Ghazaouet. Celle-ci transportait 14 harraga. Les candidats à l’émigration clandestine sont âgé de 18 à 35 ans et originaires de différentes wilayas de l’Ouest mais en majorité des quartiers populaires d’Oran. Parmi les 45 harraga, il y avait des mineurs. La fourchette du prix d’accès à l’embarcation clandestine est toujours la même : 10 millions de centimes en moyenne et c’est le prix payé par les harraga interceptés hier. Ces harraga ont été remis au service de police qui auront à les présenter à la justice pour tentative d’émigration clandestine. Auprès des gardes-côtes, on a appris que les interventions et les contrôles vont s’intensifier. Le beau temps est un facteur de hausse des tentatives de traversée clandestine de la Méditerranée.
Par M. B.
Annaba : 18 harraga secourus
A peine 48 heures après une opération de secours qui a concerné 18 harraga à Annaba, c’est autour de 18 autres dont 3 mineurs à être sauvés, hier vers 5h, d’une mort certaine.
Annaba. De notre bureau
C’est l’unité semi-rigide n° 363 des gardes-côtes en patrouille dans les eaux territoriales de Annaba en furie qui a repéré l’émanation de la lumière rouge d’un fumigène. Arrivés à sa hauteur, les éléments de la marine ont aperçu une embarcation artisanale en difficulté dans laquelle avaient pris place 18 jeunes harraga. Agés de 16 et 31ans, ces jeunes infortunés naviguaient à 24 miles marins au nord de cap Rosa. Ils ont été secourus d’une mer déferlante alors qu’ils tentaient de rejoindre les côtes européennes notamment l’île de la Sardaigne. Ils étaient – 10 jeunes d’El Tarf, 7 de Annaba et 1 de Guelma – partis avec la ferme intention de quitter l’Algérie et rejoindre, tant bien que mal, les centaines de jeunes Africains, déjà arrivés sous des cieux « plus cléments ».
Ils ont embarqué la veille, à 22h30, à partir de Draouche, une plage déserte de la commune de Berrihane, à une trentaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya d’El Tarf. A l’arrivée au port de Annaba, il ont été pris en charge par le médecin de la Protection civile. Contacté, Zaïdi Abdelaziz, le chef de la station maritime principale du groupement des gardes-côtes de Annaba, a confirmé l’information en ajoutant : « Leur embarcation a été saisie avec le moteur de type Suzuki 40 chevaux. » Après les formalités de routine, ils ont été présentés dans l’après-midi au procureur de la République du tribunal de Annaba. Les trois mineurs, quant à eux, se sont présentés accompagnés de leur tuteur. A l’image des premiers harraga, ils ont bénéficié d’une citation directe.
Par M. F. Gaïdi
Annaba : 18 harraga sauvés d’une mort certaine
Dans la soirée de dimanche dernier, 18 candidats à l’immigration clandestine ont pu être sauvés d’une mort certaine grâce à la célérité et l’efficacité avec lesquelles ont agi les gardes-côtes.
Selon le commandant Mahmoud Cheriak du groupement territorial de Annaba, l’embarcation artisanale, à bord de laquelle avaient pris place le 7 mai les 18 aventuriers – 9 de Annaba, 5 de Skikda et 4 de Tébessa – pour tenter de rejoindre les côtes italiennes, était à la dérive.
Ses éléments, précise-t-il, sont intervenus suite à une information qui leur est parvenue et faisant état de la présence au large d’une embarcation en difficulté, mais sans donner de précisions sur sa position exacte. Après 8 longues heures de recherches et de balayage de toute la façade maritime, elle a pu être interceptée à 8 miles marins au nord-ouest de Ras El Hamra. Arrivés sur place, les gardes-côtes ont pu constater l’état d’épuisement avancé dans lequel se trouvaient les harraga dont l’âge varie entre 21 et 37 ans. Après trois jours passés en mer et en l’absence de vivres et de carburant, les 21 nourrices, dont ils s’étaient armés avant d’embarquer étant consommées dans leur totalité, ils se sont retrouvés dans l’impossibilité d’aller jusqu’au bout de leur rêve sarde. Secourus et après avoir été soumis par les éléments de la station maritime principale des gardes-côtes aux formalités d’usage dans ce type d’arrestation (auditions et visites médicales), ils ont été présentés tour à tour au procureur de la République près le tribunal de Annaba. Ils devront comparaître en citation directe le 8 juin prochain. D’après Abdelaziz Zaïdi, le chef de la station maritime, ces 18 harraga seront jugés conformément aux nouvelles dispositions prévues dans la loi n° 09-01 du 25 février 2009. Cette dernière est entrée en vigueur au jour de sa parution sur le Journal officiel, soit le 8 mars de la même année.
Dans son article 175, elle stipule en substance que « l’acte de quitter le territoire national hors des lieux de postes frontaliers et de passage rend son auteur passible d’une condamnation à une peine de prison allant de 2 à 6 mois assortie d’une amende de 20 000 à 60 0000 DA. » Par ailleurs, des sources judiciaires ont indiqué que le procès de 19 autres jeunes infortunés, qui devaient répondre du même acte – tentative d’immigration clandestine – a été reporté pour le 24 du mois en cours. En cause, sur les 19, seulement 3 s’étaient présentés à l’audience de dimanche dernier, la même journée où fut déjouée la tentative de 18 de leurs pairs. Le procès est ajourné pour la seconde fois puisque les 19 harraga devaient comparaître le 18 avril dernier pour les mêmes raisons, seulement 11 d’entre eux avaient répondu présent. Pour mémoire, l’embarcation de fortune, au moyen de laquelle ces victimes voulaient partir en expédition vers l’inconnu, fut interceptée par les garde-côtes en patrouille à 12 miles marins au nord de cap Rosa (wilaya d’El Tarf).
Agés de 22 à 34 ans, 9 étaient originaires de Annaba, le reste ayant effectué le déplacement depuis les wilayas de Skikda, d’Alger et d’El Tarf. Ce qui rend de plus en plus plausible la thèse de l’existence de réseaux de passeurs solidement établis à l’est du pays. Flairant le filon, ces réseaux se sont spécialisés dans le nouveau créneau d’« el harga » devenu plus que porteur. Ainsi, profitant de la vulnérabilité et de l’état du mal-être de la jeunesse, ces vendeurs de rêves, peu scrupuleux, ne lésinent pas sur les moyens pour appâter le maximum de proies en leur proposant toutes sortes d’appareils et équipements (embarcations, moteurs, gilets de sauvetage…). La côte annabie reste la plus convoitée par ces réseaux de par les multiples avantages qu’ils y ont pu trouver.
Par N. Benouaret
21 candidats à l’émigration clandestine interceptés par les gardes-côtes à Aïn Témouchent
Hier, 21 harraga voguant sur un palangrier en direction des côtes ibériques ont été interceptés par les gardes-côtes dans les environs des îles Habibas, situées à 17 km de Bouzedjar, au large du Témouchentois.
Cette nouvelle, qui rappelle Témouchent sur les devants de l’actualité, ne fait que perpétuer une réputation qui n’a plus cours. Les harraga, à l’arrestation desquels ont participé les gardes- côtes du port de Bouzedjar, étaient partis de Kristel, localité côtière située à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Oran. Sur les 21 passagers, un est de Misserghin, commune située dans les environs immédiats d’Oran, alors que les 20 autres sont de Chlef. A cet égard, si c’est à partir du littoral témouchentois que le phénomène de l’émigration clandestine en direction de la Costa Blanca a pris naissance, elle ne s’y manifeste plus. Les jeunes qui affluaient de toutes les régions du pays entre 2004 et 2007 préfèrent désormais d’autres points de départ, alors que ceux du Témouchentois ne semblent plus désormais intéressés par la harga. Les deux dernières tentatives avortées remontent à juin et septembre 2008, alors que l’année 2009 n’en a connue aucune. C’est plutôt la sardine qui s’est fait harrag , vous dit-on, elle qui a déserté le littoral témouchentois. Ce dernier est devenu le réceptacle des cadavres de harraga, en particulier des Subsahariens qui partent du Maroc et que le gharbi ramène.
C’est dire combien Djamel Ould Abbès s’est ridiculisé la semaine dernière lors de sa visite éclair qu’il a effectuée à Témouchent, lorsqu’il a supplié les harraga de son « douar », selon son expression, puisqu’il est Témouchentois, de « cesser de porter atteinte à l’image du pays ». Que s’est-il passé pour que la source se soit tarie ? Il y a deux phénomènes conjugués. Tout d’abord, les chantiers ouverts sur le littoral (ceux de Medgaz, la centrale électrique, la station de dessalement) ont absorbé toute la main-d’œuvre qualifiée et en partie celle qui l’est moins, résidant dans les communes côtières, dans des emplois bien rémunérés. Par ailleurs, le quadrillage sécuritaire du littoral mis en place pour faire cesser l’émigration clandestine s’est révélé dissuasif. Il a même été maintenu, parce qu’un second phénomène a surgi, celui de la lutte contre le trafic des stupéfiants. En effet, de plus en plus de Go Fast des contrebandiers pourchassés en mer larguent leur cargaison de résine de cannabis qui va, dérivant, vers principalement le littoral témouchentois. Ainsi, au cours du mois écoulé, plus de 30 quintaux ont été récupérés. Les gendarmes et les gardes communaux sont constamment déployés pour prendre de vitesse des jeunes qui se sont mis à la pêche aux ballots de kif flottants et se transformer en dealers occasionnels. Cela rapporte plus que de s’exiler vers l’eldorado ibérique.
Par M. Kali
Un projet pour refaçonner la personnalité des harraga
Il sera lancé en octobre par l’association Passion du Djanoub
Partir ailleurs. Dans un ailleurs peu ou totalement méconnu. Partir pour s’éloigner de son présent, oublier son passé, faire son avenir…
Rejoindre à tout prix « l’eldorado européen ». Un rêve qui taraude l’esprit de beaucoup de jeunes Algériens à la recherche d’une vie meilleure. Des jeunes qui bravent la mer à bord d’embarcations de fortune. On les appellent harraga (brûleurs de frontières) ou immigrés clandestins. Ils représentent un phénomène qui intéresse non seulement les sociologues, mais aussi les psychologues, les anthropologues et les ethnologues, qui tentent d’y trouver des explications, de comprendre les motivations des uns et les raisons des autres. L’association Passion du Djanoub, basée à Paris, a décidé d’explorer la personnalité du harrag, de lui dresser un profil type et de l’aider pour une insertion socioprofessionnelle. Pour ce faire, elle lance un projet placé sous l’intitulé « Le rendez-vous avec l’avenir n’est pas un rendez-vous clandestin ». Le docteur Zohra Sahli, présidente de l’association, révèle les détails de ce projet et ses objectifs dans une conférence de presse animée hier à l’Institut national de formation supérieure des cadres de la jeunesse à Alger. Il s’agit d’un projet de formation pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes Algériens ayant vécu une ou plusieurs tentatives d’émigration clandestine. « La formation débutera en octobre. Elle concernera, dans un premier temps, une soixantaine de jeunes des deux sexes, dont l’âge varie entre 15 et 25 ans », a souligné la conférencière. Cette formation aura lieu dans la wilaya de Béchar. Pour le docteur Sahli, le choix de cette région repose sur l’éloignement et la nature rude du désert qui poussent à partir ailleurs. Cette formation n’a rien de technique, affirme le présidente de l’association. Elle porte sur l’aspect psychologique, l’objectif principal du projet étant d’opérer une « transformation intérieure » chez ces jeunes. Le travail de l’association est aussi d’étudier la personnalité du jeune harrag et connaître les causes qui l’ont poussé à tenter de fuir le pays au péril de sa vie.
La formation qui sera dispensée par des experts français s’étalera sur une année. Elle s’articulera autour de quatre axes, à savoir un état des lieux, en prenant en compte le point de départ de chacun de ces jeunes et son développement personnel, en favorisant l’émergence du savoir- être et du savoir-faire de chacun. Elle porte également sur l’apprentissage de la gestion des crises, avec l’entraînement à l’adaptation aux changements et à la complexité croissante de l’environnement et, en dernier lieu, l’élaboration du projet individuel d’insertion socioprofessionnelle et l’accompagnement de la mise en œuvre concrète de ce projet. Un travail de recueil de données sur les immigrés clandestins a été déjà fait en amont en France, en Espagne, en Italie et à Malte. « Pour concrétiser notre projet, nous allons travailler en collaboration avec le ministère de la Solidarité qui va nous fournir, notamment, les données nécessaires et nous trouver des jeunes harraga », a indiqué le docteur Sahli. Les objectifs de l’association sont de prouver à ces jeunes que quel que soit leur point de départ, ils peuvent toujours progresser, être maître de leur destin et changer le cours des choses. Le Dr Sahli estime que ces jeunes partent parfois avant même qu’ils n’essaient d’entreprendre quelque chose dans leur pays. Ils partent sans projet. « Nous cherchons à les comprendre et les orienter en fonction de leurs motivations. » S’il y a parmi eux, ceux qui veulent partir à l’étranger pour concrétiser un rêve, un projet, le Dr Sahli affirme que l’Association va tout faire pour les accompagner. L’association Passion du Djanoub, faut-il le souligner, est membre des Nations unies pour le Programme développement et migrations ainsi que de l’Union euroméditerranéenne. Elle est impliquée dans les travaux portant sur les questions de la jeunesse et de la migration. Elle compte 62 membres adhérents et totalise 103 sympathisants. Depuis sa création en 2006, elle participe à l’élaboration de certains programmes européens au profit de la jeunesse, tels que celui de l’Agence française du programme européen Jeunesse Action (AFPEJA). Elle organise des formations sur la gestion des conflits et des débats éthiques auprès d’un public de jeunes, comme elle anime un groupe de travail avec des femmes migrantes. Ses actions sont destinées prioritairement au profit de l’Afrique en général et de l’Algérie en particulier.
Par M. A. O.
Italie : Retour forcé de 230 harraga vers la Libye
230 personnes entassées dans 3 chalutiers ont été secourues en mer, mercredi dernier, par les gardes-côtes italiennes en patrouille maritime dans la région de recherche et de sauvetage relevant de la compétence des autorités maltaises.
Ces harraga ont été tous renvoyés en Libye sans une évaluation appropriée de leurs éventuels besoins de protection. C’est ce qu’a déclaré le Haut-Comité des réfugiés (HCR) dans un communiqué rendu public, jeudi dernier, dont une copie a été adressée à notre rédaction. Vivement préoccupé, le HCR a fait savoir : « Le sauvetage est survenu à une distance d’environ 35 miles nautiques au sud-est de l’île de Lampedusa (Italie), toutefois à l’intérieur de la zone de recherche et de sauvetage relevant de la compétence des autorités maltaises. » Il a fallu toute une journée de discussions tendues entre les autorités maltaises et italiennes pour situer la responsabilité du sauvetage et du débarquement des personnes en détresse dont aucune information n’est disponible sur leur nationalité.
Le HCR est néanmoins inquiet sur l’éventualité de l’existence parmi les immigrants clandestins de personnes ayant besoin d’une protection internationale. « J’appelle les autorités italiennes et maltaises à continuer d’assurer que les personnes secourues en mer et ayant besoin de protection internationale bénéficient d’un accès sans entrave au territoire et aux procédures d’asile », a indiqué le Haut-Commissaire Antonio Guterres, cité dans le communiqué. Ce dernier souligne que de 75% des personnes, arrivées, en 2008, par mer en Italie, ont déposé une demande d’asile et 50% d’entre elles se sont vu octroyer le statut de réfugié ou une protection pour d’autres raisons humanitaires.
Le HCR regrette vivement le manque de transparence qui a entouré le rapatriement de ces 230 harraga vers la Libye, car elle n’est pas signataire de la Convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés. « Le HCR lance un appel pressant aux autorités italiennes pour qu’elles réexaminent leur décision et qu’elles veillent à ne pas mettre en œuvre de telles mesures à l’avenir », conclut le communiqué.
Par M. F. Gaïdi
21 harraga interceptés
21 harraga ont été interceptés, vendredi aux environs de 13h15, par les gardes-côtes au large de la plage de Bouzedjar, à une dizaine de miles, dans une embarcation, un zodiac dont le moteur est tombé en panne.
Ils ont été débarqués au port d’Oran le même jour. Âgés entre 20 et 35 ans, 20 d’entre eux sont originaires des wilayas de Chlef et Relizane et le dernier est d’Oran. Il serait le passeur. Ils auraient, selon l’enquête, pris le départ à partir de la plage de Bousfer, sur la corniche oranaise. Selon la même enquête, chaque candidat à cette traversée a payé 10 millions de centimes pour un voyage qui aura duré 3 jours mais qui les a finalement ramenés à la case de départ. Les harraga ont été remis aux services de police qui les présenteront à leur tour à la justice pour tentative d’émigration clandestine.
Par M. B.