Harraga

Combien sont-ils ces harraga qui ont pris le large pour ne plus revenir ?

Archives de mars 2009

La Méditerranée, le cimetière des harraga

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21 morts et 200 disparus dans un naufrage au large de la Libye

C’est de plus en plus fréquent ! Les traversées méditerranéennes des immigrés clandestins connaissent souvent une fin tragique. Les « découvertes » macabres ne se chiffrent plus par dizaines mais plutôt par centaines. Lundi dernier, un nouveau drame est arrivé au large de la Libye. Une embarcation de fortune transportant 257 émigrés clandestins vers l’Europe a pris l’eau. Seulement vingt-trois personnes s’en sont sorties.

Vingt et un corps ont été retirés complètement inertes de la mer, quant aux autres personnes, plus de 200, sont portées disparues dans les eaux libyennes. Le triste bilan a été présenté hier à la presse par l’Organisation internationale des migrants (OIM). Le chef de mission de l’OIM en Libye, Laurence Hart, a indiqué à l’Agence France Presse que les gardes-côtes libyens ont perdu la trace de deux autres embarcations. « On ne sait pas encore s’il s’agit de bateaux de pêche ou s’ils transportaient des immigrés », a-t-il précisé. Le premier bilan indiquait la disparition de 300 immigrés clandestins. Selon le ministère libyen de l’Intérieur, l’embarcation naufragée transportait des migrants d’origine arabe et africaine. Des personnes, chassées par la misère et la répression, qui partent à la recherche d’une vie tout court, puisqu’ils se considèrent comme déjà morts.

Des gens, des jeunes surtout et des femmes aussi, qui sont, dans leurs pays, condamnés indéfiniment au mal-vivre. Sans la moindre lueur d’espoir. Des personnes qui sont portées par le « rêve européen », croyant qu’une fois de l’autre côté de la rive méditerranéenne, ils pourraient, au moins, être « maîtres » de leur destin. On ne connaît pas encore les nationalités de ces personnes emportées par la mer. On ne sait pas encore si des Algériens figure parmi les morts ou les disparus. M. Hart relève tout de même avoir constaté ces derniers jours des départs massifs d’immigrants depuis les côtes libyennes. Pour Ron Redmond, porte-parole du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), on est au début de la saison du trafic d’émigration clandestine.

Le piège de la météo favorable

La météo étant ces jours-ci plus favorable, des centaines d’immigrants s’entassent dans des embarcations de fortune pour tenter la périlleuse traversée depuis les côtes libyennes vers Malte ou vers l’île italienne de Lampedusa, au large de la Sicile. Plusieurs centaines d’entre eux y laissent leur vie chaque année. Environ 350 clandestins dont les embarcations étaient en difficulté au large des côtes libyennes ont été sauvés lundi par un tanker italien, selon le ministère libyen de l’Intérieur et les garde-côtes italiens, repris par l’AFP. Deux embarcations sont arrivées durant la semaine sur les côtes italiennes, l’une transportant 244 personnes en Sicile et une autre sur l’île de Lampedusa avec 219 personnes à bord, a indiqué le HCR. D’après des statistiques onusiennes, 36.000 personnes, toutes venues de l’Afrique du Nord, ont pu atteindre le rivage de Lampedusa. Trois quarts d’entre eux ont effectué une demande d’asile pour qu’ils ne soient pas renvoyés dans leurs pays.

Le flux de migrants clandestins sur les côtes libyennes s’explique en partie par le renforcement des autres pays maghrébins dont l’Algérie de la surveillance de leur littoral. La multiplication de noyades et la rareté d’embarcations qui arrivent à bon port ne semblent nullement dissuader les candidats à l’immigration clandestine. Le « mythe de la réussite » les obnubile ! Il suffit qu’une personne ou un groupe réussisse pour que d’autres le suivent. Face à un tel phénomène, le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni tentera de rassurer ses compatriotes en déclarant à la presse que l’immigration clandestine en provenance des côtes libyennes devrait cesser le 15 mai avec l’entrée en vigueur de patrouilles en mer communes italo-libyennes.

Est-ce possible d’arrêter ces flux d’un seul coup et seulement en mobilisant plus de corvettes en Méditerranée ? Les responsables de l’OIM et du HCR se montrent plutôt « sceptiques » sur l’efficacité de ces mesures. Selon le porte-parole de l’OIM, cité par l’AFP, le renforcement du contrôle des côtes a induit un effet pervers, poussant les filières d’immigration clandestine à trouver d’autres routes encore plus dangereuses. Pour certains observateurs, le traitement purement sécuritaire actuellement réservé à ce phénomène profiterait plus aux filières dites des « passeurs », qui ont pignon sur rue. Des filières qui se spécialisent aussi dans le trafic de drogue et des personnes.

Par Mokrane Ait Ouarabi

Rédigé par elharraga

31 mars 2009 à 3:36

De l’exil, tous les Pasteur du monde ne pourraient guérir ma rage…

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De l’exil, tous les Pasteur du monde ne pourraient guérir ma rage…
par Ammar Koroghli*

C’est en refermant «L’aventure de Miguel Littin. Clandestin au Chili» de Gabriel Garcia Marquez que j’abhorrai davantage l’exil. Ce livre relate comment Miguel Littin, metteur en scène chilien de père palestinien, retrouve clandestinement son pays après douze années d’absence forcée. Un exil qui date d’un certain 11 septembre 1973, un autre 11 septembre qui vit le palais présidentiel de la Moneda (Monnaie) bombardé par les sbires du futur dictateur de la junte militaire, un certain général Pinochet, décédé sans avoir été jugé pour ses crimes à l’encontre de son peuple.

Littin qui rappelle, par la plume de Marquez, que «le miracle militaire a rendu plus riche un très petit nombre de riches et beaucoup plus pauvres tous les autres Chiliens» du fait que le régime issu d’un coup d’Etat a importé plus de produits en cinq ans que durant les deux cents années antérieures ; au milieu de l’«exaspération sénile de la dictature», Littin fait provision d’une «moisson de nostalgies» comme pour conjurer l’exil.

L’exil. Vocable voué aux gémonies. Synonyme de souvenirs cruels et de remords. Au goût de malédiction. Honni par des générations entières d’immigrés, et pourtant expérimenté par des candidats innombrables. Jusqu’à mettre en péril leur propre vie sur de frêles embarcations, les harraga. Rejoindre l’eldorado rêvé les yeux ouverts via les images charriées par les chaînes satellitaires. Et par des revues aux photos aguichantes, souvent sous les traits de minois de filles angéliques. Egalement par des produits de consommation inaccessibles au commun des mortels.

L’exil, apanage de circonstances. Les unes autant pernicieuses que les autres. Quotidien implacable reconduit au jour le jour : chômage et misère ambiante, célibat indéfiniment et involontairement prorogé, scolarité bâclée et insuccès professionnels réitérés, mille et un métiers pour une louche de chorba, absence du droit à l’expression et hogra, délit d’opinion et frustrations en cascade, pieuses prières et saouleries occasionnelles, espoir vain et résignation à l’infini…

Voilà ce qu’est l’exil. Imperturbable destin aux contours incertains, à la froideur certaine. Soleil troqué contre de la grisaille. Commerce de sa jeunesse pour de l’espérance. Semailles inutiles de ses années d’insouciance. Indomptable désir de se surpasser, au-delà des efforts habituels. Consommation effrénée de ses énergies décuplées par l’envie de jauger ses capacités et de mesurer l’étendue de ses talents supposés ou réels. Mais aussi simple besoin de vendre sa force de travail outre-mer, le chômage endémique ayant gagné de larges pans de la société d’origine, contrainte à une paresse angoissante se muant parfois en suicide.

Egalement audace d’une jeunesse oubliée et vouée à un perpétuel sacrifice autant absurde qu’inutile, face à l’impérieux et vital souhait de se soustraire à la mort lente distillée par la morosité des campagnes jetée en pâture à l’oubli et des villes vouées à l’inculture organisée par un pouvoir central vorace qui est relayé par des potentats locaux. Leur enjeu principal et commun ? Préservation de leurs intérêts gargantuesques à travers l’accaparement de la rente provenant des hydrocarbures, la recherche du plus grand patrimoine foncier possible et les comptes et résidences en Suisse et ailleurs.

L’exil intérieur. Qu’il est dur d’être les victimes du sadisme du pouvoir dans son propre pays. Surtout face à notre fatalisme légendaire qui fait de nous des citoyens soumis chez qui on exploite à satiété les sentiments patriotiques. Face aux injustices innombrables générées par la politique de nos tyrans, les candidats à la harga meurent à petit feu. La dérision, cette thérapie de l’heure, n’est plus de mise, d’autant que souvent privés de notre droit le plus élémentaire à l’expression. De l’exil intérieur la société court un grave danger : devenir un vaste univers cellulaire. Une sorte de réserve où nous serons parqués. Nos bourreaux cherchent à empoisonner en nous toute forme d’espoir et à polluer nos mentalités par leur propagande à bon marché. Face à nos assassins, réels ou en puissance, l’indignation n’est plus l’ultime secours. Il est vrai que les prostitués du pouvoir, les nouveaux harkis et autres spécialistes ès flicage et magouille en tout genre craignent la subversion par-dessus tout.

Rien n’est plus dangereux que de devenir les béni oui-oui de ces clowns en mal d’inspiration qui ont fait de l’Etat une vaste machine à briser les volontés saines du pays. Leur tendance à la malveillance appelle notre répulsion, non notre perplexité. Ils ont semé une mauvaise graine : le népotisme tribal. Nous effacer et exécuter leurs ordres. Voilà l’attitude qu’ils nous dictent pour gagner notre pain… ou l’exil. Devant notre stupeur et notre engourdissement, leurs consciences séniles jubilent de frénésie destructrice. Ils veulent créer leur vérité. Une vérité à leur image. Pour nous, la réclusion de l’exil.

Leurs discours sont de véritables somnifères. Chaque soir, ils anesthésient nos esprits. Leurs dîners et rencontres sont les occasions pour eux de jeter leur dévolu sur une carrière, ciblée de longue date. Un marketing durablement établi. Ils sont tous membres d’un réseau et ont un bon carnet d’adresses. Aucun d’eux n’ignore les habitudes des autres. Les mensonges ? Leur spécialité préférée. Cela leur sert à fabriquer une mentalité dans l’opinion de chacun de nous. Ils cultivent l’arrogance et l’ostentation. Ils n’ont dans leurs bouches que les menaces et les intimidations. En plus, ce sont des bigots hors catégorie. Sans oublier qu’ils sont fiers de la logomachie de leur presse. Devant la rancœur et le désarroi que nous affichons, ils bâtissent une République qui devient, de jour en jour, leur fonds de commerce…

Dans l’exil, la vie ressemble aux sables mouvants. Et j’ai le devoir de clamer l’amertume du monde, la perte d’identité, l’opacité de la douleur. Sous le ciel maussade de Paris, les nuages qui pèsent lourd sur la ville où nous avons laissé nos idées fermenter au soleil pour les semer dans les consciences à venir. La banlieue ? Des réverbères à la lumière vaporeuse. Un petit café situé à l’angle d’une rue. Une heure assez tardive de la nuit. Quelques clients éméchés dissertant. Une lumière blafarde. Un café devenu tribunal où se déroule un procès. Nous servons de décor à cette civilisation. Depuis des années, les gens de ce pays nous considèrent comme des éléments accessoires de leur paysage social. Monde inextricable. Paris, ville aussi belle que l’inconnue rencontrée sur le quai d’une gare. Comme une main qui se pose sur l’épaule, moineau en quête d’une graine. De l’exil, tous les Pasteur du monde ne pourraient guérir ma rage. On ne cède pas facilement à l’engouement ambiant, à l’aliénation tissée d’année en année. Dans cette ville, chacun vit dans sa tête.

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*Auteur, avocat algérien

Rédigé par elharraga

26 mars 2009 à 4:16

Publié dans Algérie

Oran : Deux femmes parmi dix harraga interceptés

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par H.Barti

Dix candidats à l’émigration clandestine, dont deux femmes, ont été interceptés hier en fin d’après-midi par un patrouilleur des garde-côtes près des îles Habibas, au large des côtes oranaises, a-t-on appris auprès du groupe territorial des garde-côtes (GTGC) d’Oran. Selon les mêmes sources, les dix harraga devaient être débarqués au port d’Oran, hier en début de soirée.

Tous originaires d’Aïn El Turck, ils auraient, selon les premiers éléments d’information, quitté les côtes d’Oran à partir de la plage de Kristel, à bord d’une embarcation pneumatique munie d’un moteur de 40 chevaux.

Pour rappel, dimanche , les gardes côtes algériens ont appréhendé à El Kala, 19 jeunes ”harraga”. Ils avaient été interceptés à 11 miles au nord de la plage ”Caprosa” alors qu’ils se dirigeaient vers la rive nord de la Méditerranée. Ils avaient pris le départ de la plage de Sidi Salem à bord d’une embarcation artisanale vers 4 heures du matin.

Rédigé par elharraga

17 mars 2009 à 4:04

19 harraga seront jugés le 19 avril à annaba

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Les 19 harraga interceptés avant-hier à 12 miles au nord du Cap Rosa (El Tarf) à bord d’une embarcation artisanale, tard dans l’après-midi, par les éléments des gardes-côtes de la wilaya de Annaba, ont été présentés hier devant le procureur près le tribunal de Annaba.

C’est ce qu’a confirmé M. Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime des gardes-côtes de la wilaya de Annaba. Originaires de Annaba (9), Skikda (5), Alger (4) et un d’El Tarf, ils ont été sommés de comparaître le 19 avril à la barre pour répondre de leur acte, à savoir tentative d’émigration clandestine. Rencontrés à la sortie du tribunal, ils ont réaffirmé leur intention de « quitter l’Algérie avant même la tenue de l’élection présidentielle ». Pour rappel, les 19 harraga ont embarqué dimanche dernier à 4h du matin à partir de Sidi Salem (El Bouni), une plage déserte dans l’une des plus pauvres cités de Annaba. Agés de 22 à 34 ans, ces jeunes infortunés naviguaient à 12 miles marins à destination de Lampedusa (Italie) lorsqu’ils ont été interceptés par une unité semi-rigide des gardes-côtes. Ils ont été ramenés, auditionnés et ont passé la nuit dans les locaux du commandement de la marine de Annaba.

Par M. F. G.

Rédigé par elharraga

17 mars 2009 à 3:32

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Les chiffres d’Ould Abbès

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Immigration clandestine

Les chiffres d’Ould Abbès

Le chiffre de six cents cadavres de harraga algériens incinérés en Espagne donné par la presse, relève, pour Djamel Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille, de la Communauté nationale à l’étranger, du « fantasme ».

Le ministre qui répondait à une question d’un journaliste, en marge d’une courte visite de travail hier à Béjaïa, s’est montré incommodé par les statistiques rendues publiques sur le phénomène des harraga. Pour rappel, c’est lors d’une conférence de presse que le représentant de la Commission nationale pour la sauvegarde de la jeunesse algérienne en Espagne, Mustapha Bendaham, a alerté sur l’existence de six cents cadavres d’Algériens dans les morgues espagnoles qui risquaient d’être incinérés si les autorités algériennes n’intervenaient pas pour les rapatrier. « Il faut dire aux journalistes que quand ils entendent quelque chose, qu’ils viennent me voir en tant que responsable de ce secteur. Au niveau de notre ministère, nous leur donnerons des chiffres que nous n’inventons pas mais que nous donnent les autorités des pays concernés », a précisé M. Ould Abbès.

A propos de chiffres, il parle de seulement six cadavres d’Algériens dans les morgues espagnoles. Selon lui, il n’y a pas incinération de cadavres, mais reconnaissance de l’identité par l’ADN qui se pratique au niveau du centre de rétention Phénix, à Grenade, en Espagne. Selon le ministre, neuf corps de nationalités différentes ont été repêchés depuis septembre 2008 à janvier 2009. Avant cela, durant le reste de l’année 2008, il y a eu cinquante-trois cadavres. « Trois cadavres d’Algériens ont été rapatriés et enterrés ici. Ils ont été identifiés par leurs familles respectives qui se sont déplacées en Espagne. Pour les trois restants, d’autres familles vont aller à Grenade et donner leur ADN pour l’identification et nous les prendrons en charge », a informé M. Ould Abbas qui donne un autre chiffre : 1600 ressortissants clandestins étrangers sont en rétention dans un centre au sud de l’Italie, à Lampedusa.

« C’est le chiffre qui m’a été donné par l’ambassadeur d’Italie dans mon bureau. Sur les 1600 ressortissants, 1200 sont des Tunisiens et il y a 11 Algériens », a-t-il déclaré en précisant que l’opération est menée en relation avec le ministère des Affaires étrangères.

Par Kamel Medjdoub

Rédigé par elharraga

16 mars 2009 à 3:35

Immigration clandestine : 19 harraga arrêtés à Annaba

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Hier, tard dans l’après-midi, une unité semi-rigide des gardes-côtes de Annaba en patrouille a intercepté une embarcation de fortune dans laquelle avaient pris place 19 harraga.

Agés de 22 à 34 ans, ces jeunes infortunés naviguaient à 12 miles marins et tentaient de rejoindre les côtes européennes. Ils étaient 9 originaires de Annaba, 5 de Skikda, 4 d’Alger et un d’El Tarf, tous animés d’une ferme intention de quitter l’Algérie. Ils avaient embarqué à 4h, à Sidi Salem (El Bouni), une plage déserte proche de cette cité coloniale distante de 5 km du chef-lieu de wilaya caractérisée par la malvie. Contacté, Zaïdi Abdelaziz, le dynamique chef de la station maritime principale des gardes-côtes de Annaba, a confirmé l’information. A défaut des côtes sardes, les infortunés harraga ont rejoint les locaux du groupement des gardes maritimes, avant d’être présentés aujourd’hui mercredi au procureur près le tribunal de Annaba pour répondre de leurs actes, dont la tentative d’immigration clandestine.

Par M. F. G.

Rédigé par elharraga

15 mars 2009 à 3:31

Même des imams mettent les voiles

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par Kamel Daoud

On se lève le matin et on lit : 30 imams algériens dénoncent l’imminence de leur expulsion de France et frappent à la porte de Bouteflika. Rien qui nous concerne peut-être sauf un peu l’humanité salariale de leur condition. Comme les Patriotes, les «hommes debout», les enseignants de l’Algérie dite profonde, les gardes communaux, ils ont été utilisés et aujourd’hui sont un peu oubliés. On lit et puis on s’arrête. D’abord sur l’argument et ensuite sur le sens. Les 30 imams ne veulent pas revenir en Algérie et expliquent que c’est à cause de la scolarité de leurs enfants. Tout aussi imam que l’on puisse être, on en reste pas moins Algérien, soucieux de vivre le pays de loin que du dedans. C’est explicable, compréhensible et dans l’air du temps. Il faut se souvenir que même des détenus algériens à Guantanamo avaient demandé à rester aux USA que de revenir au pays. Tout le monde veut partir, tout le monde part à sa manière. Pourquoi donc pas les imams, grosse branche du conservatisme national et du nationalisme obligatoire par automatisme confessionnel ? Et il vaut mieux prêcher l’Islam ailleurs que chez soi, du point de vu de la vie et du confort. Mais ce que le chroniqueur ne comprend pas, c’est l’argument. On peut être tenté par la Hargua, mais au moins il faut faire comme les Harraga : ne pas raconter et se raconter des histoires, prendre sa chaloupe et refaire sa vie en commençant par les semelles. Pour nos imams, ces derniers expliquent qu’ils demandent à rester en France pour la scolarité de leurs enfants. Il faut donc comprendre que le système de scolarité algérien n’est pas bon. Et cela est une évidence. Mais ce qu’on ne peut pas comprendre, c’est que les imams algériens, ou un bon nombre d’entre eux, nous font la leçon de l’authenticité, des valeurs, nous prêchent l’immoralisme de l’Occident et «sa perte des valeurs morales», nous expliquent chaque vendredi que l’Occident «c’est la perte» de l’identité et des valeurs et que l’Algérie fait partie de Dar El Islam où un bon musulman doit vivre sa foi, refuser le dévoilement de la femme, surveiller le voisin célibataire, ratisser les carcasses des villas durant le ramadan pour débusquer les mangeurs du ramadan, ne pas croire TPS, etc. Principal bataillon du conservatisme national et gardiens du temple, nos imams ont fini par incarner et faire profession de cet islamo-nationalisme qui soude le pays autour des mosquées plus qu’autour des usines. Et là, un beau matin, le premier jour de l’année de l’hégire, date de naissance du Prophète, on découvre qu’ils n’y croient pas tous et que malgré le turban et l’ablution, ils préfèrent quand même, comme certains de nos gouvernants, vivre et scolariser leur enfants en France que dans le pays du palmier idéologique et des dates mentales. Il ne faut pas leur en vouloir pour ce désir de vivre la liberté. La liberté, le confort, la scolarité normale, les enfants, le métro à l’heure, la bonne qualité de service, la tolérance, la culture, la sécurité et les ruelles propres, personne ne peut y résister. C’est légitime de les vouloir et c’est légitime de vouloir rester dans un pays où les conducteurs de voitures sont tous musulmans, même s’ils sont chrétiens et ne connaissent pas le Coran, rien que parce qu’ils respectent le piéton et la priorité. Ce qui n’est pas admissible, c’est de nous raconter le contraire chez nous et de nous enfermer à double tour entre la barbe et le voile au nom de «nos valeurs» non négociables et de nous interdire tous de vivre en France tout en vivant en Algérie. C’est à dire de nous promettre le paradis par le nombre des ablutions et de demander à y rester et à y vivre les premiers «à cause de la scolarité des enfants». On est tous Algériens : il ne faut pas user de l’islam pour faire de la politique, ni pour un prolongement de séjour en Occident, ni pour condamner des mangeurs du ramadan à Biskra, ni pour arrêter une convertie de Tiaret ni pour demander à ne pas revenir au pays et demander aux autres d’y rester pour prouver la foi et défendre l’Islam. On est quand même entre nous !

Rédigé par elharraga

11 mars 2009 à 4:03

« Des harraga sont détenus en Tunisie »

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Kamel Belabed (Porte-parole du collectif des familles de harraga disparus en mer)
« Des harraga sont détenus en Tunisie »
Kamel Belabed est le porte-parole du collectif des familles de harraga disparus en mer de la wilaya de Annaba. Dans cet entretien, il fait le point sur le traitement réservé par les pouvoirs publics à ce dossier brûlant, dénonce la criminalisation inique de l’émigration clandestine et prévient de toute surenchère électorale sur le dos des harraga.

Depuis maintenant deux ans, vous multipliez les démarches en vue de pousser les pouvoirs publics à prendre sérieusement en charge la « question harraga ». Peut-on faire le point avec vous sur les résultats concrets de ces démarches ?
Depuis deux ans, ce qu’il y a de positif est que l’on a réussi à poser correctement la problématique des harraga grâce, notamment, à nos amis de la presse. Avant, on parlait des harraga à tort et à travers et on ne cernait pas le phénomène. Donc, nous avons des données que l’on n’avait pas. Maintenant, en ce qui concerne la progression de notre démarche, notre préoccupation principale, ce sont les disparus en mer. Là, le problème reste entier. Nous l’avons soumis à certaines institutions de l’Etat, particulièrement le ministère des Affaires étrangères. Nous avons été reçus à deux ou trois reprises par un directeur central au niveau du MAE. Nous lui avons transmis des listes avec des noms de personnes à titre indicatif, parce que nous ne pouvons pas faire de recensement. Ces listes ont, cependant, le mérite d’expliquer l’ampleur du phénomène. Il y a deux ans, c’étaient quelques dizaines de harraga. En 2007, ils étaient quelques centaines et, aujourd’hui, il y a lieu de croire qu’ils sont des milliers.
La question des chiffres reste d’ailleurs problématique faute d’un recensement officiel de harraga. Ne pensez-vous pas que le dernier RGPH aurait pu inclure aussi la « population harraga » ?
Tout le problème est là. Nous avons toujours demandé à ce que l’Etat s’implique avec nous pour faire un recensement. C’était avant le dernier recensement national (Recensement général de la population et de l’habitat, ndlr). Dans le formulaire de recensement, on aurait pu ajouter une question sur les harraga et recueillir ainsi le nombre exact des personnes qui ont disparu en mer ou qui sont passées de l’autre côté. On aurait pu avoir des indicateurs fiables et on a raté cette occasion. Toujours est-il que ce recensement est une nécessité.
Outre vos démarches auprès des AE et autres départements gouvernementaux, vous avez également demandé à ce que la question des harraga fasse l’objet d’une enquête parlementaire. Est-ce que l’APN a répondu à votre requête ?
Cette histoire est presque aussi triste que la disparition de nos propres enfants. Tous les députés et sénateurs, le président de l’APN, le président du Sénat ont été saisis nommément et par écrit en vue de les sensibiliser sur ce drame. Nous n’avons reçu aucune réponse. Mais je dois reconnaître que nous avons eu l’appui de quelques députés de la région de Annaba, notamment M. Bouchareb et le sénateur M. Brahmi. Ils ont toujours été à nos côtés, mais ce n’est pas suffisant. Nous exigeons d’être reçus dans une assemblée nationale qui est la nôtre par les élus qui sont les nôtres pour pouvoir dialoguer et diagnostiquer ensemble le problème d’une manière tout à fait sereine. Au lieu de cela, on continue à déblatérer sur les harraga avec une légèreté déconcertante.
Les politiques de tout bord, à commencer par le président Bouteflika, ses ministres, les chefs de gouvernement successifs, tout le monde parle aujourd’hui des harraga. Mais sur le terrain, les jeunes continuent à prendre massivement la mer. Les politiques seraient-ils à ce point coupés des Algériens ?
Ils en parlent, ça c’est sûr, mais qu’est-ce qui a été fait concrètement ? Le président de la République a abordé le sujet. Il a initié cette conférence gouvernement-walis, on a été bien contents, bien que nous n’ayons pas été associés à la préparation de cette conférence. Mais après, en termes de résultats concrets, il n’y a rien eu. Par la suite, il y a eu les élections législatives. Tous les députés, tous les partis en ont fait leur leitmotiv, mais on n’a rien vu de concret non plus.
Justement, nous sommes dans un contexte électoral et le thème des harraga va certainement s’inviter dans la campagne. Comptez-vous rencontrer les candidats pour leur soumettre vos doléances ?
La chose que nous ne voudrions surtout pas faire c’est de cautionner cette surenchère électorale. Nous pensons qu’un responsable qui se hisse à la charge de député, de ministre ou de président de la République a le devoir de regarder ce qui se passe autour de lui. Le problème est connu. Maintenant, est-ce que ces gens-là ont suffisamment de capacité pour le gérer ?
Lors de précédentes interviews, vous avez émis des présomptions faisant état de l’éventuelle détention de harraga algériens dans les prisons maghrébines, notamment en Tunisie. Avez-vous obtenu des informations fiables à ce propos ?
Effectivement. Auparavant, nous avions des présomptions, mais aujourd’hui, nous avons des certitudes. Cela dit, l’Etat est mieux placé que nous pour enquêter sur le sujet. Quand nous avons demandé une enquête parlementaire, c’était pour inciter nos parlementaires justement à intervenir auprès de nos voisins pour pouvoir s’informer. Malheureusement, cette quête d’information n’a jamais été faite.
Les autorités tunisiennes ne veulent pas coopérer…
Je ne sais pas. C’est peut-être un écueil bureaucratique. Pendant ce temps, les familles continuent de se rendre quotidiennement en Tunisie à l’affût des nouvelles de leurs fils. En parlant de la Tunisie, il convient de citer le cas de 68 harraga partis il y a deux mois. Nous savons qu’ils sont en Tunisie, mais rien ne filtre. Nous avons eu la preuve formelle de leur détention, mais, officiellement, les gens ne veulent pas en entendre parler. Encore une fois, le problème est qu’on ne veut pas nous associer. Quand on a demandé le recensement, c’était dans l’intérêt général. Nous avons demandé le prélèvement de l’ADN des parents, parce que nous savons le problème de l’incinération qui se pose de l’autre côté. Sans recensement, on ne peut pas savoir combien il y a de ressortissants algériens enterrés à l’étranger. Nous sommes en droit de connaître la vérité concernant le sort de nos enfants.
On entend régulièrement parler de corps de harraga sur le point d’être incinérés dans les morgues espagnoles, italiennes ou autres. Avez-vous été approché à ce sujet ?
Nous avons pris connaissance incidemment d’un courrier envoyé par le gouvernement espagnol au ministère des Affaires étrangères et qui faisait état de 170 ou 171 dépouilles de harraga qui se trouvaient en Espagne. Ce courrier demandait aux autorités algériennes d’envisager le rapatriement de ces corps. Cela remonte à avril 2008 et je sais qu’aucune suite n’a été donnée à ce courrier. La réaction des autorités algériennes était « qu’est-ce qui nous prouve qu’il n’y a pas de Marocains ou de Sahraouis parmi ces corps ? » Pourtant, tout le monde sait que ces dépouilles ne peuvent pas être conservées éternellement dans une morgue. On a raté encore l’occasion de donner 170 corps à des mères qui auraient pu faire leur deuil. Il y a aussi le cas de cet imam d’Alicante qui parlait de 600 corps de harraga sur le point d’être incinérés. Là encore, rien n’a été fait. Pourtant, la solution est simple : nous sommes les concernés, nous sommes les malades, c’est nous qu’il faut diagnostiquer. D’où la nécessité des prélèvements ADN.
Que vous inspire la criminalisation de la « harga » ?
La loi, dans sa globalité, présente un contre-sens. C’est une loi qui est caduque dans la mesure où elle est incompatible avec des conventions internationales ratifiées par l’Algérie et qui portent sur la libre circulation des personnes ainsi que d’autres lois avec lesquelles elle est en contradiction. Maintenant, si on criminalise le passeur oui, il n’y aucun problème. Moi je me demande pourquoi on ne crée pas les conditions nécessaires pour permettre aux gens de circuler dignement ? Passez-moi le terme, cette loi sur la criminalisation des harraga est une « ânerie ». Certains députés l’ont même qualifiée de « loi clandestine » et ne se sont pas trompés. Elle a été concoctée dans des conditions ridicules. Elle ne nous concerne pas.
A quand, M. Belabed, une association nationale autour de la « cause harraga » ?
Créer une ONG c’est possible, mais cela ne nous intéresse pas. Nous estimons que c’est à l’Etat de trouver le moyen de régler ce problème. Il n’a pas besoin d’une ONG. En Algérie, nous avons déjà trois organisations de défense des droits de l’homme. Les choses peuvent être inscrites dans ce cadre-là. Pourquoi créer une société des harraga ?

Par Mustapha Benfodil

Rédigé par elharraga

5 mars 2009 à 3:29

« Des mesures pour rapatrier les harraga algériens »

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L’ambassadeur d’Italie à la CCIO
« Des mesures pour rapatrier les harraga algériens »
De mesures ont été prises entre les gouvernements algériens et italiens pour assurer prochainement le rapatriement des émigrés clandestins algériens, a indiqué, mardi, lors d’un point de presse tenu à la Chambre de commerce de l’Oranie, Son Excellence l’Ambassadeur d’Italie en Algérie, M. Giampaolo Contini.

Il a déclaré que le nombre d’Algériens qui séjournent actuellement au niveau des centres de transit implantés dans la région de la Sardaigne, n’est pas très important par rapport à ceux des autres pays d’Afrique, d’Europe ou d’Asie. Ils sont de l’ordre de 1 500 personnes environ. Néanmoins, des mesures ont été prises pour évacuer les émigrés clandestins algériens de ces centres de transit qui hébergent actuellement plus de 30 000 clandestins venus des côtes tunisiennes, libyennes ou algériennes. Comme cette question est liée au développement économique, le diplomate a, dans son intervention devant les opérateurs locaux, parlé d’une série d’actions économiques qui sont programmées à Oran pour le second semestre de cette l’année.

Important client

M. Giampaolo Contini, qui était accompagné du directeur de l’Institut italien du Commerce extérieur, a mis en exergue l’état des relations entre les deux pays. L’Italie, qui est en passe de devenir un important client pour l’Algérie après la France, a exporté, durant cette période, pour un montant de 1,9 milliard d’euros de produits d’équipements et de machines. Pour ce qui est des importations, le chiffre s’élève à plus de 5 milliards d’euros concernant, en grande partie, des produits énergétiques et agricoles comme par exemple l’huile d’olive. Sur ce plan, une formation sur les techniques de transformation de l’huile d’olive sera lancée dans le courant du mois de mai prochain au profit de oléiculteurs de la région Ouest du pays avec le concours de l’Institut italien du Commerce extérieur.

Le Président de la Chambre de commerce et de l’industrie, M. Habour, a rappelé l’achat, dans le cadre de la privatisation, de la filiale de l’E NAVA, de l’Unité d’Oran ALVER, par une entreprise italienne spécialisée dans la production du verre et ses dérivés. L’on saura, selon le diplomate, que 4 000 opérateurs économiques italiens sont installés en Algérie et activent dans plusieurs secteurs.

Par Tegguer Kaddour

Rédigé par elharraga

4 mars 2009 à 3:27