Archives de juin 2008
La nécessité d’une protection débattue à Tlemcen
ÉMIGRATION CLANDESTINE
Tlemcen
De notre bureau
Emouvante journée d’étude que celle organisée mercredi à la maison de la culture Abdelkader Alloula par le bâtonnat de Tlemcen avec la participation de la direction de la wilaya des oeuvres universitaires, intitulée «L’émigration clandestine, les harraga, une méthodologie». D’emblée, le député Mohamed Benhamou donnera le ton à cette rencontre en déclarant devant une assistance composée de robes noires, de magistrats, des services de sécurité, de sociologues, de psychologues et de parents de victimes. «On ne peut pas mettre dans le même panier nos enfants qui se sont aventurés dans la mer et les Subsahariens. Nos enfants sont Algériens et ils n’ont enfreint aucune loi en narguant les vagues de la Méditerranée», dira Kamel Belabed, représentant des parents des harraga portés disparus ayant fait 1000 km (Annaba-Tlemcen) pour crier son indignation et sa colère. Avant d’ajouter, amer : «Nos enfants (les harraga disparus ou morts) ont voulu nous donner une leçon, nous transmettre un message clair : nous ne sommes pas à la hauteur !» Puis, s’adressant aux imams et certains politiciens en mal de renommée, il indiquera : «Nos enfants ne sont pas des kamikazes, ils n’ont fait de mal à personne, sauf à eux-mêmes. On n’a pas besoin de fetwas, mais de justice et de lois qui protègent nos enfants et les faire vivre dans la dignité.» Très abattu, M. Belabed dira : «En accusant nos enfants de tous les torts, on nous inflige d’autres souffrances.»
Boubekeur Sabouni, père d’un enfant disparu, tirera à boulets rouges sur «ceux qui méconnaissent ce phénomène, psychologues, sociologues et politiciens. Ceux-là portent atteinte aux victimes et à leurs proches. Nos enfants sont devenus des fonds de commerce». Et de jeter un pavé dans la mare: «Les pouvoirs ne font rien pour trouver des solutions à ce problème. Nous avons enquêté par nos propres moyens et nous avons découvert que de jeunes Algériens sont détenus en Tunisie, au Maroc et en Libye et personne n’a rien fait.» M. Belabed, hors de lui, a abondé dans le même sens en apprenant à l’auditoire solidaire dans la peine qu’«en Italie, on a érigé une stèle à la mémoire de nos enfants morts dans la mer et nos responsables ne font rien pour nous aider à rapatrier leurs corps». Et de crier, les larmes aux yeux : «Nous ne voulons pas que nos enfants soient incinérés en Europe !»
Interpellée, la députée de Sétif du parti El Infitah, Mme Maïma Farhi, a déclaré que «des députés sont sensibles à ce drame et ils vont organiser une journée parlementaire sur les harraga». Les parents des victimes ont qualifié «leurs enfants de harraga et l’Etat de…haggara. Un Etat responsable de ce drame puisqu’il est garant de la surveillance de nos frontières». Des communications de grande importance ont été animées par des avocats ayant pour titres «Harraga, étude anthropologique, les statistiques sur ce phénomène, les textes de lois, etc.» Des jeunes de Ghazaouet ayant déjà tenté l’aventure ont raconté les péripéties de leur mauvaise expérience en Espagne et d’indiquer: «On n’a pas pris la mer pour fuir la misère, mais l’injustice et la bureaucratie, les discriminations et les passedroits.» Une des recommandations interpelle le président de la République : «Nous demandons au Président de prendre en charge ce phénomène, comme il l’a fait avec le terrorisme !»
C. Berriah
32 harraga arrêtés en deux jours
ÉMIGRATION CLANDESTINE
Après une légère accalmie, le phénomène de l’émigration clandestine reprend de plus belle. En deux jours (samedi et dimanche) 32 Harraga ont été interceptés par les gardes-côtes alors qu’ils tentaient de rejoindre la rive nord de la Méditerranée à bord de deux embarcations artisanales. Le premier groupe, composé de 19 personnes, a été arrêté samedi à l’aube par les gardes-côtes à 11 miles du cap de Garde grâce aux informations fournies à ces mêmes gardes-côtes par un chalutier faisant état d’une embarcation en panne. Quant au second groupe, il a été intercepté le lendemain aux environs de 1 h 45 du matin à 2 miles marins de la plage de Oued Bagrat, soit l’équivalent de 3,5 km. Ramenés au siège du commandement du groupement territorial des gardes-côtes, les 32 Harraga ont subi les contrôles médicaux d’usage avant d’être présentés devant la justice. L.A.
13 autres harraga interceptés au large de Annaba
13 autres émigrants clandestins qui tentaient de rejoindre la rive nord de la Méditerranée à bord d’une embarcation artisanale ont été interceptés tôt dimanche, au large de Annaba, a-t-on appris du commandement du groupement territorial des gardes-côtes. La mise en échec de cette tentative d’émigration clandestine a été rendue possible grâce à des informations parvenues au siège du groupement territorial des gardes-côtes faisant état de la présence, à 2 mille marins de la plage de Oued Bagrat au nord du littoral de Annaba, de personnes à bord d’une embarcation artisanale, précise-t-on de même source. L’embuscade tendue par les gardes-côtes a permis d’intercepter les 13 migrants clandestins qui ont été conduits au groupement territorial pour y subir les contrôles médicaux d’usage avant leur présentation ce jour, devant la justice, ajoute-t-on. 19 émigrants clandestins avaient été arrêtés samedi à l’aube, au large des côtes de Annaba, alors qu’ils effectuaient une traversée en mer à bord d’une embarcation clandestine pour rejoindre la rive nord de la Méditerranée, rappelle-t-on.
Assaut de clandestins sur un poste frontière
ENCLAVE ESPAGNOLE DE MELILLA
L’enclave espagnole de Melilla située sur le territoire marocain est une entrée de l’Europe pour les immigrés. Hier, vers 4h30 du matin, 58 Africains ont, selon le gouvernement marocain, tenté de prendre d’assaut le poste frontière de Beni Eznar situé dans l’enclave espagnole en territoire marocain de Melilla pour entrer en Espagne. De leur côté, les autorités espagnoles estiment entre 60 et 70 le nombre de harraga qui ont voulu entrer sur leur territoire. L’Espagne fait face depuis quelques jours à une nouvelle vague d’immigration clandestine. Pendant plus de trois heures, les forces de police espagnoles ont repoussé les clandestins. La grande majorité d’entre eux sont actuellement à la préfecture de police où ils seront identifiés puis extradés vers leur pays d’origine. Seulement 7 immigrés sont parvenus à entrer dans l’enclave espagnole. Ils sont toujours recherchés par la police. Depuis 2006, c’est la première fois que des harraga tentent de traverser par la force un poste frontière. Selon une radio pupublique espagnole reprise par l’AFP, les immigrants s’étaient munis de pierres et de bâtons.
En 2005, 14 clandestins avaient péri dans des tentatives similaires à Mellila et Ceuta. Certains ont été tués par balle par les forces de sécurité espagnoles et marocaines. La semaine dernière, 500 clandestins, principalement des Subsahariens, ont atteint les côtes des îles Canaries à l’aide de leur bateau de fortune. 4 sont morts après la traversée. Avec le retour des conditions météorologiques favorables, les embarcations vont s’accentuer. Surtout depuis que les autorités mauritaniennes ont levé leur moratoire qui obligeait les cayucos, des bateaux de pêche, à rester à quai. Cette interdiction rendait la tâche plus difficile aux passeurs, car ils ne pouvaient plus être confondus avec les pêcheurs. DDans un article publié hier, le quotidien espagnol El Pais confirme que les îles Canaries renvoient des arrivées d’embarcations provenant de Mauritanie. La preuve : samedi après-midi et hier matin, deux embarcations, à leur bord une centaine de harraga, ont été interceptées au large des côtes espagnoles.
Emilie Marche
TENTATIVE AVORTÉE DE 19 HARRAGA À ANNABA
ÉMIGRATION CLANDESTINE
Hier, tôt le matin, les éléments du groupement des gardes-côtes de la station maritime principale de Annaba ont réussi à mettre en échec une tentative d’émigration clandestine. Ces éléments sont intervenus à la suite d’informations qui leur étaient parvenues la veille, vendredi, et selon lesquelles un important groupe de jeunes se préparaient à quitter la côte pour rejoindre la Sardaigne (Italie) à bord de deux embarcations. Les premières recherches ont abouti à l’interception de la première embarcation au large de la plage El Battah, dans la wilaya d’El Tarf. Ses passagers ont dû l’abandonner lorsqu’ils ont eu vent de la traque dont ils faisaient l’objet. La deuxième a, quant à elle, été interceptée vers 6 heures à 11 miles marins au nord de Annaba et à bord de laquelle s’étaient entassés 19 «aventuriers». Croyant pouvoir tromper la vigilance des gardes-côtes, ceux-ci étaient déterminés à tenter l’expédition clandestine au péril de leur vie vers l’île de rêve. Parmi les 19 candidats arrêtés, plus de la moitié était originaire d’Alger, de Constantine et de Skikda. Ce qui rend de plus en plus plausible la thèse de l’existence de réseaux de passeurs solidement installés à l’est du pays. Flairant le filon, ils se sont spécialisés dans ce nouveau créneau devenu plus que porteur. Profitant de l’état de mal-être de la jeunesse, ces vendeurs de rêve peu scrupuleux ne lésinent pas sur les moyens pour appâter le maximum de proies en proposant toutes sortes d’appareils et équipements (embarcations, moteurs, gilets de sauvetage…) nécessaires à leur voyage. Les 19 harraga d’hier ont été remis aux services de sécurité qui devront prendre le relais de l’enquête.
N. Benouaret
Le corps d’un homme repêché
SKIKDA
Le corps sans vie d’un homme, non encore identifié et dont l’âge se situerait entre 25 et 40 ans, a été découvert, hier, flottant sur la plage Château Vert à Skikda. La dépouille, dans un état de décomposition assez avancé, a été transférée vers la morgue de l’hôpital de la ville. D’aucuns estiment qu’il s’agirait du corps d’un harrag, d’autant qu’un corps avait déjà été retrouvé dans les mêmes circonstances dernièrement dans la wilaya de Annaba. Des hypothèses que conforte d’ailleurs l’absence de toute signalisation, le long des côtes locales, de personnes ou de marins disparus. Seule l’opération d’identification, actuellement en cours, apportera la réponse.
K. O.
La thématique «Harraga» sur les planches
Leïla Azzouz
Le public annabi a été convié, lundi et jeudi derniers, à suivre une pièce de théâtre intitulée «Sardignia» (Sardaigne), qui traite du phénomène des Harraga. Production de la troupe BM, en collaboration avec l’association «Joudour» (Racines) et réalisée par Hamdi Chakib, cette pièce se penche sur le phénomène de l’émigration clandestine en rapport avec le chômage, contraignant les jeunes à opter, sans réfléchir, pour l’aventure de la traversée sans mesurer ou calculer les risques et les conséquences dramatiques de ce choix. Ces jeunes deviennent ainsi une proie facile entre les mains des passeurs et s’exposent à la mort lors de la traversée à bord d’embarcations artisanales, fabriquées dans des ateliers clandestins, et ce pour tenter de rejoindre la Sardaigne (Italie), point le plus proche du nord de la Méditerranée à la ville de Annaba. Cette pièce, qui se veut un réquisitoire contre l’émigration clandestine, s’inscrit dans le cadre de la sensibilisation des jeunes sur ce fléau.
Le corps d’un harrag repêché
RAS EL HAMRA (ANNABA)
ier matin, les agents de la station maritime principale des garde-côtes de Annaba ont repêché un cadavre à 10 miles au nord-est de Ras El Hamra. C’est suite à un appel émanant de l’armateur d’un navire de pêche que ces agents s’étaient déplacés sur les lieux pour faire le constat macabre : un cadavre de sexe masculin dans un état de décomposition très avancé, flottant sur l’eau autant d’ailleurs qu’un semblant de veste où étaient soigneusement dissimulés des billets de 120 euros. Après avoir effectué les formalités nécessaires, le corps a aussitôt été évacué par les services de la Protection civile à la morgue du CHU Ibn Rochd où seule une autopsie pourrait aider à son identification. Or, d’après les premiers éléments d’informations que nous avons pu avoir auprès d’un haut responsable des garde-côtes, il s’agirait de l’un des six harraga disparus il y a quelques mois au large de la grande bleue non loin de Oued Békrat (Seraïdi). Rappelons que ces six malheureux infortunés avaient tenté, au péril de leur vie, de rejoindre la Sardaigne à bord d’une embarcation de fortune. Celle-ci s’était renversée dès leur départ pour des raisons jusque- là inconnues. Les gardes-côtes étaient alors intervenus sur la base d’un appel anonyme faisant état de la présence sur les eaux de Oued Békrat d’une embarcation en difficulté et de la disparition de ses six passagers. L’appel en question s’était par la suite avéré être celui du seul rescapé. Les recherches alors engagées pour leur sauvetage étaient vaines. Emportés par les courants, ils se seraient noyés et restent introuvables à ce jour. Avec la macabre découverte d’hier, indique le même responsable, l’espoir de retrouver d’autres cadavres demeure entier.
N. Benouaret
La garde communale avorte une tentative de «harga»
MOSTAGANEM
Informée par des citoyens, la garde communale de Benabdelmalek Ramdane relevant de la wilaya de Mostaganem a déjoué une tentative d’émigration clandestine vers l’Espagne. Les éléments de cette institution, qui se sont déplacés tard dans la soirée de mercredi, ont découvert une embarcation de pêche dissimulée au niveau de la plage de Cheaïbia de la commune sus-évoquée. Apparemment, cette barque appartenait à un groupe de harraga prêts à quitter la côte. Selon notre source, aucune personne n’a été appréhendée. La barque a fait l’objet de saisie, et les services de la gendarmerie nationale territorialement compétente ont ouvert une enquête.
24 harraga interceptés au large d’Oran
par H. Barti
Vingt-quatre candidats à l’émigration clandestine à bord de deux embarcations ont été interceptés par des unités des gardes-côtes au large d’Oran, lors de deux opérations distinctes. Le premier groupe composé de 13 candidats à l’émigration clandestine a été arrêté aux environs de 8h 25 par l’unité GC 359 à quelque 38 milles nautiques au nord de Cap Falcon. Les harraga, qui ont été débarqués sains et saufs hier au port d’Oran, ont affirmé avoir quitté les côtes algériennes la veille aux environs de 2h du matin à partir de la plage de Cap Ouilis dans la wilaya de Mostaganem. Ils ont également indiqué aux enquêteurs des gardes-côtes avoir acquis l’embarcation et le moteur utilisés pour cette traversée contre la somme de 90 millions de centimes.
Quant au deuxième groupe, constitué de 11 émigrants clandestins, il fut arrêté aux environs de 9h de la même journée, soit un quart d’heure à peine après la première opération, précise-t-on auprès du Groupe territorial des gardes-côtes (GTGC) d’Oran. Selon la même source, les candidats malheureux ont été interceptés à quelque 8 milles nautiques au nord d’Oran, une heure après qu’ils eurent quitté la plage de Aïn Franine sur le littoral est de la wilaya d’Oran. Agés entre 20 et 40 ans, les 24 candidats à l’émigration clandestine, qui sont originaires de Mostaganem, Arzew et Oran, devront être présentés dès aujourd’hui devant la justice.
Pour rappel, trente-huit candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés au cours de la première semaine du mois de juin en cours, lors de trois opérations distinctes menées par les patrouilleurs du service des gardes-côtes au large des côtes d’Oran, d’Arzew et de Ténès.
Avec ce deuxième coup de filet, le phénomène de l’émigration clandestine sur les côtes ouest du pays semble annoncer une reprise, probablement à la faveur de l’amélioration des conditions météorologiques.